Le matin du dimanche, notre dernier jour en Italie, est bien vite arrivé. Après avoir mangé une dernière fois, au réfectoire, les pains caractéristiques du petit-déjeuner de la Trinité-des-Monts (en forme de brioche, dorés, énormes... et creux à l'intérieur), nous avons rangé notre chambre, déposé notre valise à la bagagerie et couru au monastère.
Il faut d'abord préciser que la seule chose que nous avons regretté durant notre séjour à la maison d'accueil est l'absence de la communauté des Fraternités monastiques de Jérusalem ; nous avions prévu de commencer chaque journée en assistant aux laudes dans la magnifique église de la Trinité-des-Monts, mais les moines et moniales étaient partis en retraite... en Haute-Savoie !! Ils sont rentrés le samedi soir, et la vie du monastère et de la maison d'accueil a repris son cours habituel à partir du dimanche.
Nous nous sommes donc précipités après avoir déposé nos bagages parce que chaque dimanche, à 9h15, une des sœurs fait visiter une partie du monastère. Nous n'avons pas regretté de nous être joints au petit groupe : ce monastère avait été bâti (par la France) pour une communauté de minimes, connus pour leurs travaux scientifiques. Au XVIIème siècle en particulier, sous la conduite du Père Maignan, des travaux ont été réalisés sur les murs du couvent : par exemple, cette anamorphose :
D'ici, on voit un paysage où l'on devine, au premier plan, un lac avec un village sur la rive et un bateau coupé sur le bord de la photo ;
Mais d'ici, on voit François de Paule, le fondateur des Minimes, en prière sous un arbre.
Dans le couloir attenant, nous avons découvert un magnifique astrolabe ; nous n'avons pas de photo, mais vous en trouverez sur ce site ainsi qu'une explication très détaillée du travail fascinant du Père Maignan.
Pour finir, nous avons admiré le réfectoire entièrement peint par le Père Pozzo (un Jésuite, cette fois) représentant les noces de Cana et qui est un travail extraordinaire de trompe-l'œil pour modifier la perception des volumes de la pièce (du centre, on a l'impression de se trouver dans une salle parfaitement rectangulaire au plafond plat, alors que la forme du réfectoire est irrégulière et que le plafond est voûté...).
De la porte d'entrée, on réalise bien que le plafond n'est pas plat ! (Image tirée de ce site).
Une fois la visite achevée, nous avons rejoint l'ensemble des religieux pour la messe dominicale en français, où la découverte de la merveilleuse liturgie chantée à quatre voix nous a fait d'autant plus regretter l'absence de la communauté durant la semaine...
L'intérieur de l'église (l'image vient d'ici)
Nous avons pu partager un moment de discussion bien agréable avec l'une des sœurs lors du verre de l'amitié dans le cloître, et puis, après une dernière longue conversation avec Paul et Madeleine, il a fallu partir.
Nous avons grignoté rapidement une pizza au bas des escaliers, sur la Piazza di Spagna, et nous sommes partis à travers le dédale du métro prendre notre train pour Ostie, où nous devions passer la dernière nuit pas trop loin de l'aéroport. Je parle du "dédale du métro" parce que, bien qu'il n'y ait que deux lignes de métro à Rome (une la traverse du nord au sud, l'autre d'est en ouest), la construction d'une troisième ligne a débuté et les travaux rendent l'unique correspondance de tout le réseau infernale... un bon quart d'heure de marche dans un vrai labyrinthe !
Après une vingtaine de minutes de train, nous sommes arrivés à Ostie, et la magie des vacances romaines était déjà bel et bien finie. L'hôtel où nous avions réservé était correct mais quelconque, au beau milieu d'une zone commerciale sans âme. Nous voulions profiter de cette dernière après-midi pour visiter le site archéologique de la ville antique, mais nous avons attendu en vain le bus supposé passer toutes les vingt minutes le dimanche. Nous avons donc décider de marcher un peu aux alentours de l'hôtel, mais il n'y avait pas grand-chose à voir : une rivière sale et polluée de déchets divers, des supermarchés fermés, des pavillons de banlieue, et une armée de chats errants aux yeux verts vivant dans les poubelles.
Dans la poubelle de notre hôtel...
Heureusement, le repas du soir, tout à fait correct, a rattrapé un peu cette triste dernière demi-journée.
Pour conclure ce feuilleton romain, je ne voudrais pas oublier de dire un mot des vendeurs de rue de Rome et de leur stupéfiante réactivité : le vent se lève ? On vous propose foulards et écharpes. Quelques gouttes commencent à tomber ? Des marchands de parapluie apparaissent comme par magie. La nuit tombe ? C'est l'heure des trépieds pour appareils photo et des projecteurs laser pour s'amuser à faire des jeux de lumière sur les monuments. Un couple se promène main dans la main ? Les vendeurs de rose sont prêts à tout pour en vendre au moins une...
En tous cas, nous retournerons à Rome, c'est certain ! Il nous y reste tant de choses à découvrir...
Et j'allais oublier : Hyonou a déjà choisi son cadeau d'anniversaire pour l'année prochaine ! Dans un an, nous irons à...
... Istanbul !






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