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lundi 9 septembre 2013

Et pendant ce temps, au Val-de-Travers...

On m'a offert un joli bouquet à la sortie du culte.


Il y a de beaux couchers de soleil.


Aujourd'hui, profitant du jour de repos de Hyonou, nous avons ressorti le tandem pour la première fois depuis le déménagement. Nous avions prévu une balade sans trop de dénivelés qui s'est révélée très dénivelée. Il y a eu une côte très raide où nous avons même dû mettre pied à terre, et nous ne sommes pas allés jusqu'au terme prévu, parce que nous étions certains que nous ne pourrions jamais remonter les pentes sur lesquelles nous étions en train de nous engager à la descente. Je crois que nous manquons d'entraînement.




Ce soir, j'ai voulu faire un peu de peinture. Je ne suis pas satisfaite du résultat, mais j'avais trop mal aux jambes pour refaire un deuxième essai ; demain, peut-être !


lundi 17 septembre 2012

Histoires d'aubergines

De retour à Annemasse et à la vie quotidienne, j'essaie tout de même de continuer à peindre de temps en temps pour ne pas oublier les techniques apprises pendant les vacances en Corée. En ce moment, je peins des aubergines.

En cherchant pour moi des exemples d'aubergines dans la peinture coréenne, Hyonou est tombé sur cette image et s'est écrié : "Oh, Shin Saimdang !"  (à quoi j'ai répondu : "hein ?!?")


Ne voulant pas en rester là, je me suis un peu renseignée et j'ai découvert que Shin Saimdang (신사임당, prononcer "Shin Sa-Im-Dang"), l'auteur de cette peinture, est un personnage fascinant. 


Cette femme du 16ème siècle (1504-1551), surtout connue pour être la mère de Yi I (plus connu sous son nom de lettré, Yulgok) qui est l'un des plus importants penseurs confucéens de Corée, est considérée encore aujourd'hui comme l'archétype de l'épouse et de la mère idéale. Pourtant, elle a eu une vie assez éloignée des conventions sociales de la société confucéenne. A son époque (et jusqu'à une période relativement récente) les filles étaient tenues à l'écart de l'éducation, et les femmes de famille noble, comme elle, étaient confinées à l'intérieur de la maison, dont elles ne sortaient que rarement, pour s'occuper des tâches ménagères. Shin Saimdang était l'aînée de cinq sœurs et, en l'absence de fils, elle a été élevée par son grand-père comme un garçon. Elle a appris jeune les grands classiques de la philosophie confucéenne, et sa famille a rapidement remarqué qu'elle était particulièrement douée pour les disciplines qui étaient alors réservées aux hommes lettrés : la peinture, la calligraphie, le dessin à l'encre des "quatre sujets nobles" (bambou, orchidée, chrysanthème, fleur de prunier). Son père, particulièrement, l'a encouragée dans cette voie en empruntant à ses amis des peintures des grands maîtres pour les faire copier à sa fille ; pourtant, tenir un pinceau était un privilège réservé aux hommes, et les seules femmes qui peignaient étaient les gisaeng. Un pinceau dans des mains de femme était considéré comme un vil stratagème pour séduire des hommes et leur soutirer leur argent ; mais la peinture et la calligraphie de Shin Saimdang étaient d'une telle qualité que de son vivant même, elle s'est attirée la reconnaissance du petit milieu des lettrés, qui disaient d'elle que son travail était si beau qu'on ne pouvait guère lui reprocher de faire ce qu'une femme ne devrait pas faire.

La tradition dit également que Shin Saimdang était une femme au fort caractère qui avait fini par écarter entièrement son mari des prises de décision concernant la famille, et qui influençait en sous-main sa carrière politique comme officiel du gouvernement. La légende veut que dans les premières années de son mariage, elle était si frustrée par le manque de culture de son mari qu'elle l'avait mis à la porte, en lui ordonnant de ne revenir que lorsqu'il aurait appris quelque chose...

La peinture en couleur ci-dessus fait partie d'un genre initié par Shin Saimdang, la représentation de plantes et d'insectes. Apparemment, ce genre est né de sa tentative de reproduire sur papier l'effet de la broderie, autre discipline dans laquelle elle excellait. En cherchant d'autres peintures de sa main, on trouve des choses ravissantes comme cette estampe : 


J'ai donc essayé de peindre un pied d'aubergine reprenant la composition de l'estampe de Shin Saimdang.


Après avoir fini, j'ai trouvé un article défendant l'hypothèse que ces fameuses aubergines ne seraient finalement pas une peinture authentique de Shin Saimdang - et, après avoir vu d'autres œuvres de sa main, je comprends pourquoi celle-ci est louche : les aubergines sont un peu trop raides et symétriques, les papillons, surtout le blanc, ont l'air d'avoir été épinglés sur l'arrière-plan... Il manque la légèreté que l'on retrouve par exemple dans l'image des pastèques, où aucun des fruits n'est représenté parfaitement de profil et où les rameaux ont l'air de flotter au vent.

Comme quoi, on apprend des choses en s'intéressant aux aubergines...

Dernières images

Pendant nos tous derniers jours en Corée, j'ai peint un éventail que j'ai offert à belle-maman.


On est allé déjeuner à Hanmiri, un excellent restaurant qui propose un menu végétarien qui vaut vraiment le détour.



Devant la mairie de Séoul, on a croisé d'inoffensives dames d'un certain âge qui venaient participer à une manifestation d'agricultrices :





Vous conviendrez que toutes ces dames ont l'air de véritables terroristes en puissance. Cela justifiait bien que l'on boucle entièrement le quartier avec des cars de CRS.


Un peu plus loin, à Insadong, un groupe de retraités donnait un spectacle de musique et de danse traditionnelles - mais là, au moins, pas de police en vue...





A l'été prochain, Corée !

jeudi 16 août 2012

jeudi 9 août 2012

Peinture : leçon 4

Navet rouge


Maquereau


Qui n'est pas trop mal mais encore bien loin du magnifique modèle du professeur !


mardi 7 août 2012

Poissons

Ce soir, voici quelques poissons - pas ceux de l'aquarium du Coex, que nous avons visité dimanche et où j'ai pris des dizaines de photos que je n'ai pas le courage de trier maintenant, mais ceux que j'ai peints cet après-midi.

vendredi 3 août 2012

Ceci est une rose

La journée a encore été assez chaude et fort agréable. Après une matinée studieuse (ma thèse avance !), nous avons passé l'après-midi chacun de notre côté pour nous livrer à nos activités respectives. Je vais profiter de ce message pour vous montrer un peu ce que je fais. 

Il s'agit de peinture asiatique utilisant des techniques traditionnelles, qui se pratique avec un pinceau assez épais, de l'encre de chine et quelques couleurs sur un papier très fin. C'est la première fois que j'apprends ce genre de gestes et c'est un peu déconcertant au début, mais apparemment je me débrouille très bien et je ne suis pas trop déçue de mes résultats au bout de deux séances.

La première fois, j'ai fait des exercices...


des exercices...


et encore des exercices...


avant de faire des chrysanthèmes entiers (le chrysanthème de gauche ci-dessous est le plus réussi).


Aujourd'hui, finalement, je n'ai pas fait de lys mais des roses et des pommes. La rose de droite et la pomme sont les modèles peints par le professeur, le reste sont... des exercices.


Et voilà ma version de la rose et de la pomme.


Les fois suivantes, je prendrai juste en photo les choses les plus réussies !

J'ai aussi reçu aujourd'hui mon propre matériel (godets à peinture, encrier, encre de chine, pinceau et rouleau de papier) que je pourrai emporter à notre retour en France.

Finalement, ce cours de peinture me plaît énormément. Non seulement je m'amuse bien avec mon pinceau, mais l'ambiance de l'atelier est extrêmement agréable.

L'atelier, avec mon pinceau et ma place de travail au premier plan, 
et le professeur (la professeure ?) à gauche

A part moi, les autres élèves sont des lycéens qui préparent le concours d'entrée dans des facultés de beaux-arts. Ils sont très sympathiques, tout le monde discute et s'amuse beaucoup ; mes camarades ont compris que je suis à peu près capable de suivre une conversation et font attention à m'inclure dans les discussions, ce que j'apprécie beaucoup.

Après le cours, je rejoins Hyonou dont le club de ping-pong est à 500 mètres. Lui aussi apprécie beaucoup l'ambiance de son côté. Le club a un professeur (une dame également) qu'il trouve bien plus efficace que son professeur d'Annemasse, et il rentre fort courbatu mais satisfait.

Vivement mardi, pour qu'on y retourne !

mercredi 1 août 2012

Chrysanthèmes

Nous revoilà de nouveau à Séoul pour trois semaines ! Nous avons retrouvé mes beaux-parents, bien sûr, mais aussi la chaleur (35° aujourd'hui), l'humidité, la climatisation et les cigales. Le décalage horaire se fait toujours sentir, mais on n'est pas trop fatigués. 

Cette année, je ne vais pas au cours de coréen comme les années précédentes, puisque l'année passée j'ai fini le niveau 5 sur 4 (!). Par contre, Hyonou, lui, a rempli la valise de raquettes de ping-pong avec la ferme intention de jouer et de prendre des leçons. Je me suis donc trouvée face à un problème : que faire pendant qu'il s'amuse tout seul à la salle de ping-pong ? Eh bien, je vais 500 mètres plus loin et je fais ça :


Je vais dans une école de dessin pour apprendre la peinture orientale à l'encre de Chine et à la gouache. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en arrivant, mais je me suis beaucoup amusée dans une atmosphère très détendue et sympathique (à part moi, il n'y avait que des lycéens). Et, pendant que Hyonou enchaînait les paniers de balles avec son coach, j'ai enchaîné les chrysanthèmes à l'encre de Chine. Je n'ai pas pensé à prendre en photo ce que j'ai fait, mais c'était le même style, en plus maladroit, que le chrysanthème que l'on peut apercevoir derrière moi, à gauche du navet et en-dessous du ventilateur. J'y retourne vendredi ; demain, on a une jolie promenade de prévue pour l'après-midi !