lundi 26 août 2013

Une interview

La semaine passée, j'ai rencontré un ancien ministre de l'unification de Corée du Sud pour parler de la Corée du Nord. Il en est résulté une interview qui paraîtra demain sur ProtestInfo. Si le sujet vous intéresse, allez voir : Lee Jae-joung dit des choses qu'on n'entend pas si souvent.

L'ancien ministre Lee Jae-joung

samedi 24 août 2013

Un petit voyage

De lundi à jeudi soir (très tard), Hyonou et moi sommes partis en province pour visiter deux communautés protestantes. 

Nous sommes d'abord allés dans la région de Cheonan, à l'ouest, pour rencontrer les diaconesses de Corée. Nous étions en fait les seuls hôtes de la communauté, qui est en ce moment en pleine réflexion sur son avenir. Le bâtiment qu'elles occupent, en pleine campagne, est difficile d'entretien et vieillit mal ; les cinq sœurs qui y vivent actuellement commencent à se sentir dépassées par la tâche, d'autant plus qu'elles aussi vieillissent et que la relève tarde à venir. Cette année, elles ont décidé de ne pas accueillir  d'hôtes et de prendre du temps pour réfléchir à leur avenir (elles vont probablement déménager). Elles ont fait une exception pour nous, et nous avons passé deux jours très agréables avec elles. 

Le mardi, une des sœurs nous a emmené voir un pasteur dont la famille s'est associée à la communauté. Arrivé il y a vingt ans dans un petit village sans église, il s'est petit à petit fait accepter par les villageois en aidant aux travaux des champs. Il a construit de ses propres mains une église dans le style traditionnel, qui est sans aucun doute la plus jolie église que j'ai vue en Corée jusqu'à présent. C'est un espace lumineux, harmonieux et paisible qui invite à la prière, beaucoup plus à mon goût que les salles fonctionnelles avec vidéoprojecteur et écran qu'utilisent la plupart des églises protestantes et qui me donnent vaguement l'impression d'être à une conférence à l'université plutôt qu'au culte.

L'intérieur de l'église

La femme du pasteur peint des portraits des anciens du village

Vue de l'extérieur, avec le pasteur, sa femme et une des sœurs

Nous avons bien profité du rythme calme de la communauté, de la prière du matin à 6 heures (50 minutes de silence) à celle du soir, parfois remplacée par une marche dans la campagne si le temps est frais.

Dans la matinée du mercredi, nous avons pris congé des sœurs et nous sommes partis vers l'est. Nous avions prévu de passer un jour et demi dans un petit village où vit une communauté de familles appelée "Communauté du pissenlit" (la femme du pasteur de la communauté a expliqué pourquoi, mais j'ai déjà oublié).


Ici, la vie se fait vraiment en commun : la journée commence par une prière commune à six heures, suite à laquelle les travaux du jour sont répartis ; les repas sont préparés et pris en commun dans le grand bâtiment qu'on aperçoit sur la photo ci-dessus ; les travaux des champs sont faits ensemble ; les familles qui se sont formellement engagées à faire partie de la communauté lui reversent leurs revenus. Les gens passent du temps les uns avec les autres et les uns chez les autres ; les enfants de la communauté ne manquent pas d'adultes attentifs pour s'occuper d'eux lorsque leurs parents ne sont pas disponibles. Au départ, l'intention était de créer une communauté missionnaire. Puis, il y a quelques années, il a été décidé de fonder une école alternative, qui refuse la logique de la performance et de la compétition qui domine dans le système coréen, et qui initie les enfants à la vie de la nature et aux travaux manuels. Cette école a tellement de succès qu'elle commence à mobiliser l'essentiel des forces de la communauté. Elle accueille actuellement 75 élèves.


Le premier soir, après le repas, nous avons passé la soirée avec Eunshil, l'une des membres de la communauté qui a un petit atelier de couture où elle fait des choses magnifiques. 

Le lendemain, nous espérions pouvoir nous faire une idée plus précise de la vie quotidienne ; finalement, rien ne s'est passé comme prévu, mais nous avons tout de même passé une très bonne journée. 

Tout d'abord, on nous avait mal indiqué l'heure de la prière commune. Nous sommes arrivés à six heures et demie, alors que tout était fini et que le travail de la journée avait déjà été réparti. En attendant le petit-déjeuner, nous avons décidé de partir visiter le reste du village et les environs. Nous avons vu sur les panneaux indicateurs qu'il y avait apparemment trois temples bouddhistes dans un si petit village ; nous avons décidé d'aller en visiter un. Nous sommes partis par un petit chemin grimpant dans la montagne. Après avoir bien transpiré (il faisait déjà chaud à 7 heures du matin), nous nous sommes rendus compte que le chemin finissait par disparaître complètement sous la végétation : ce n'était visiblement pas la bonne route. Nous avons dû redescendre et chercher quelqu'un dans un champ à qui demander notre chemin. Finalement, nous avons trouvé un petit temple ; pendant que nous en faisions le tour, le moine qui s'en occupe nous a aperçus et nous a invités à venir prendre une tasse de thé chez lui. Le temps a passé vite en discutant et en savourant le thé (un thé à base d'un fruit séché, qui s'appelle en coréen la "patate à cochon" ; je n'en avais jamais goûté mais c'est très bon). A huit heures et demies, heure du petit-déjeuner, nous sommes revenus à la salle commune... pour découvrir qu'il n'y avait personne. Nous avons appris plus tard que le petit-déjeuner est habituellement pris ailleurs. 

En attendant, nous étions bien embêtés. Nous avons cherché quelqu'un qui pourrait nous renseigner et nous avons trouvé un monsieur qui travaillait dans son élevage de poules. Celui-ci n'était pas membre de la communauté, mais il a essayé de contacter quelqu'un ; le téléphone ne passait pas. "Ça ne va pas aller comme ça", a-t-il déclaré. "Venez donc manger un morceau à la maison."Il nous a emmenés chez lui, dans son adorable petite maison au toit couvert d'herbe.


Il nous a préparé un bon repas, avec des œufs de ses poules. Du coup, pour le remercier, nous lui avons demandé si nous pouvions l'aider à quelque chose. "Je veux bien un coup de main pour nettoyer les œufs", a-t-il dit. Et nous avons finalement passé la matinée avec lui, en nettoyant les œufs tous tièdes et en assemblant les boîtes pour l'expédition. C'est aussi quelqu'un de très intéressant, qui a été déçu par les églises protestantes établies. "En vivant ici à la campagne, je vois tous les jours combien Dieu est bon et généreux", nous a-t-il expliqué. "Alors les pasteurs, avec leur Dieu qui n'aime que leurs propres paroissiens et surtout ceux qui donnent beaucoup d'argent, ils me font bien rire !"

La carte de visite 

A force de discuter, nous avons été en retard aussi pour le repas de midi... et l'après-midi, il n'y avait rien de prévu dans la communauté, parce qu'il faisait trop chaud. 

On est rentrés à Séoul après le repas du soir, et il faudra qu'on revienne pour passer vraiment du temps avec la communauté !

samedi 17 août 2013

Tombes royales et temple

Hier, nous avions prévu une visite guidée aux tombes royales de Seolleung et au temple bouddhiste de Bongeunsa. Normalement, j'apprends énormément de ces visites guidées ; hier j'ai eu du mal à suivre dans tous les sens du terme. La guide parlait beaucoup trop vite pour moi, j'ai rapidement décroché. Elle marchait trop vite aussi, si bien que non seulement j'ai eu le plus grand mal à prendre des photos, mais, mal remise de ma grippe, j'avais les jambes toutes flageolantes au bout d'une heure à peine. Hyonou par contre a beaucoup apprécié.

Voici tout de même quelques images.

Tombes royales :

Une des tombes




Bongeunsa :


Lampions blancs pour les morts



Poisson-tambour


Les bâtiments du temple reflétés dans l'immeuble d'en face

mercredi 14 août 2013

Essayage

Hyonou va entrer en stage pastoral dans un peu plus de deux semaines. Selon la coutume de l'Eglise réformée de Neuchâtel, il a besoin non d'une robe noire traditionnelle (pourtant il en a une, et laquelle ! celle d'Emilio Castro, grand théologien de la libération qui a été secrétaire général du Conseil œcuménique), mais d'une aube blanche.

Il la fait faire en ce moment par une religieuse anglicane au centre-ville de Séoul.

Ce matin, nous sommes passés au monastère pour un premier essayage : 



Avec Sœur Angela, la sœur couturière

L'aube lui va bien, non ?

lundi 12 août 2013

Pour la paix

Hier, notre paroisse coréenne, avec d'autres églises de Séoul, a organisé un culte commun en plein air et en plein centre ville pour marquer les soixante ans du cessez-le-feu entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, et surtout pour prier pour la paix et la réunification. Le rassemblement avait lieu devant Boshingak, la cloche de la ville.



La prédication a été donnée par Lee Jae-jeong, un prêtre anglican qui a été ministre de la réunification de l'ancien président Noh Mu-hyeon.

Jo Heon-jeong, le pasteur de notre paroisse, avec Lee Jae-jeong. Entre les deux, on aperçoit le visage de Im Bo-ra, pasteure d'une église du même mouvement que la nôtre, que nous apprécions beaucoup.

Il y a eu un beau culte...



Des chants et de la musique...




Des gestes symboliques...


Et du théâtre.


Le tout sous une chaleur accablante et un soleil de plomb, et aussi sous le regard impassible des Haechi, créatures mythologiques qui gardent Boshingak...


mardi 6 août 2013

Beaux-parents

Je n'ai pas beaucoup de jolies photos des parents de Hyonou. Alors, voilà en voilà une qui me plaît beaucoup, prise par Hyonou hier soir au restaurant !


lundi 5 août 2013

Chère NSA

Depuis les révélations d'Edward Snowden, on sait que tout ce qui est publié sur internet passe au crible des agences de "sécurité". Ce blog ne fait probablement pas exception à la règle même s'il est en accès privé. Pour une fois, ça tombe bien, parce que j'ai un message à faire passer aux autorités : 

Chère NSA (celle de Corée du Sud, pas celle des Etats-Unis),

Hier soir, j'ai regardé avec plaisir un documentaire sur la faune sauvage miraculeusement préservée par la DMZ, la fameuse "zone démilitarisée" qui sépare Corée du Nord et Corée du Sud et qui est en fait la frontière la mieux gardée au monde. Cependant, entre les deux lignes de barbelés, un no-man's-land (bourré de mines) subsiste, et il est devenu au fil du temps une véritable réserve naturelle. J'ai donc découvert des paysages intacts et magnifiques : 



J'ai vu des animaux dont je n'avais jamais entendu parler, comme le Goral de l'Himalaya (dont la page Wikipédia dit qu'on ne le trouve que sur les hauteurs de l'Himalaya et de l'Hindukush) et qui est une espèce de mouton sauvage :


Ou, encore plus fascinant, le Chevreuil des marais, un animal étonnant qui plonge pour aller brouter des renoncules d'eau douce et qui est aussi le seul cervidé au monde dont les mâles n'ont pas de bois, mais se distinguent par des canines proéminentes dont ils se servent pour se battre lors des périodes de reproduction :

(Si vous regardez bien, on voit ses canines)

La DMZ est aussi une zone de refuge pour les Sangliers, et de nombreux oiseaux, comme des Grues : 


ou encore des Aigles : 


Imagine donc comme j'étais heureuse, chère NSA, de voir qu'il existait dans la péninsule coréenne au moins un endroit où la nature suit son cours, sans être perturbée par l'activité des hommes...

Hélas, mon plaisir a été de courte durée. Pourquoi ? Parce que l'armée s'en mêle ! Regardez comme les Gorals sont mignons avec leurs grands yeux noirs ; et pourtant, l'hiver venu, combien meurent à cause du froid... Mais l'armée veille ! Solution trouvée : allons déverser des sacs de maïs dans la nature, ainsi les Gorals aux grands yeux noirs ne mourront pas. (Je me demande s'ils ont jamais entendu parler de la sélection naturelle.) Du coup, les Gorals en bonne santé, bien nourris, passent l'hiver. Et ce sont les Aigles, qui sont des charognards, qui souffrent : puisque les Gorals ne meurent pas, ou peu, ils n'ont rien à se mettre sous le bec... Heureusement, l'armée est là ! Les Aigles ont faim ? Pas de problème ! Allons déverser des sacs de viande dans la nature (et laissons le filet de plastique avec, pour que les Aigles puissent se prendre les serres dedans et se mutiler au passage). 

Franchement, n'est-ce pas stupide d'entretenir artificiellement des populations trop importantes, sans possibilité d'éliminer les individus les plus faibles, au point que la chaîne alimentaire tout entière est perturbée et qu'il faille fournir des suppléments à tous ses niveaux ? Tout en laissant des matériaux non compostables dans la nature ?

Donc, chère NSA, je te le demande : s'il te plaît, dis à l'armée d'arrêter de nourrir les animaux !

Je t'embrasse.

P.S. : Toutes les images proviennent de Google, notre ami commun.
P.P.S. : Pour les non-initiés, NSA signifie National Security Agency, ce qui, vous l'aurez deviné, se traduit par Agence de Sécurité Nationale.

De nos nouvelles

Nous voilà donc à Séoul.


Le voyage a été assez long (18 heures), et un peu pénible, parce qu'il y a eu un accident sur la ligne de train entre Neuchâtel et Genève, et à l'arrivée, il y avait tellement de bouchons qu'il nous a fallu trois heures rien que pour traverser Séoul.

La saison des pluies touche à sa fin, mais il y a encore de belles averses et quelques orages.

Nous avons trouvé la famille en bonne forme ! Jimin en particulier a beaucoup grandi et il est vraiment un enfant agréable. Il élève maintenant des scarabées (qui n'ont pas tellement l'air de plaire à sa maman) et des guppys (on a juste vu des photos de l'aquarium, mais il a l'air très beau).

Mon beau-père paraît beaucoup moins fatigué que l'an passé, et il est toujours aussi enthousiaste pour jouer aux cartes !

Je n'ai pour l'instant pas grand-chose à raconter, ou plutôt ce que j'ai à raconter fera l'objet d'un autre message un peu plus tard, alors pour l'instant je vous laisse avec ce bel exemple de rapports de bon voisinage, vu dans l'ascenseur chez mes beaux-parents : 



En rouge : "Je ne peux pas dormir à cause du bruit (musique ??) de votre guitare entre 4 et 6 heures du matin. Au milieu de la nuit, on l'entend beaucoup plus que vous ne le pensez. Je l'ai supporté plusieurs fois sans rien dire, mais je colle cette affiche parce que je pense qu'il faut vous informer. Je vous prie de faire en sorte que je puisse dormir pendant la nuit". 

D'autres habitants ont renchéri de manière beaucoup moins polie : "Tu joues comme un pied" ; "A moins que tu n'aies l'intention de te présenter à la Star Ac', laisse tomber !" et même "Si je t'attrape, je te tue"...

C'est du beau !

jeudi 1 août 2013

Arrivés

Juste un petit mot pour dire que nous sommes bien arrivés à Séoul - un peu fatigués du long trajet, mais tout va bien !