mardi 31 janvier 2012

Constantinople

Aujourd'hui, nous avons remonté quelques siècles pour nous plonger dans les splendeurs de l'Empire byzantin. Bien sûr, impossible de passer à côté de Sainte-Sophie, par laquelle nous avons commencé la journée. 



Je dois dire que j'avais quelques réserves en y allant. Le prix un peu excessif du billet d'entrée (20 lires, le prix d'un plat principal dans un restaurant plutôt chic), les photos que j'en avais vues qui ne me paraissaient pas extraordinaires, tout cela m'inquiétait : la réputation de Sainte-Sophie n'était-elle pas surfaite ? N'était-ce pas un piège à touristes ? 

Eh bien, non. Comme dit Hyonou, Sainte-Sophie mérite à elle seule un déplacement à Istanbul, et les photos ne font pas justice à son architecture à la fois imposante et raffinée.



Les seules choses qui m'ont déplu à Sainte-Sophie sont ces gros médaillons ronds calligraphiés sur fond vert qu'on voit sur les deux photos ci-dessus. Ils ont été rajoutés au XIXème siècle, ce qui montre à mon avis qu'il n'y a pas qu'en Occident que le XIXème siècle a fait preuve de mauvais goût. Je trouve qu'ils jurent totalement avec l'édifice, cassent l'harmonie des lignes et faussent les proportions.

Sinon, le reste est splendide. Hyonou et moi avons une suggestion à faire à l'Etat turc : rendre Sainte-Sophie au culte orthodoxe et en faire le siège du Patriarcat œcuménique. Ça aurait une autre allure que la jolie mais modeste église Saint-Georges !



Tout en haut de l'immense coupole centrale

Un des quatre séraphins qui soutiennent la coupole centrale. On a découvert qu'ils avaient des visages lors de la dernière restauration ; ceux des trois autres sont toujours recouverts.



La vue sur Istanbul depuis une des fenêtres de la galerie

Sans doute le point fort de la visite pour moi : la mosaïque de la Déisis, où la Vierge et Jean-Baptiste prient le Christ d'accorder le pardon des péchés à l'humanité toute entière.

Les visages suppliants de Jean-Baptiste...

et de la Vierge...

et le visage très doux du Christ.


La Vierge à l'Enfant, encadrée à gauche par l'empereur Justinien qui lui offre la maquette de Sainte-Sophie, et à droite par l'empereur Constantin qui lui offre la maquette de Constantinople

Et pour finir, quelques portraits de visiteurs :

Hyonou

Nous (œuvre de Hyonou avec son iPhone)

Moi (idem)

Une visiteuse chinoise

Un jeune couple posant pour leur petite fille

Et un chat intelligent qui se réchauffe, blotti contre un projecteur !

A la sortie, il neigeait tant qu'on peinait à distinguer les minarets de la mosquée Bleue.


Un petit café en terrasse ?

A peine sortis de Sainte-Sophie, où nous avons passé beaucoup plus de temps que prévu, nous avons filé à Saint-Sauveur-en-Chora (alias mosquée Karyie).  C'est une petite église byzantine qui a été transformée successivement en mosquée puis en musée, exactement comme Sainte-Sophie, sauf qu'elle est excentrée, beaucoup plus petite et beaucoup moins fréquentée. Elle abrite néanmoins de somptueuses fresques et mosaïques.

Le chœur de Saint-Sauveur

Le Christ en médaillon au centre d'une coupole

La Déisis de Saint-Sauveur, sans Jean-Baptiste mais avec une princesse mongole (en bas à droite)

La fresque du jugement dernier

Le baptême du Christ

La tentation au désert

La dormition de la Vierge



Une représentation rare de la Vierge à l'enfant, où l'Enfant est encore dans le ventre de sa mère

Une des fresques que j'ai préférées : le Christ ressuscitant les morts (en l'occurrence Adam et Eve) au Jugement dernier


Une fois la visite finie, avec des crampes dans le cou à force de regarder en l'air, nous nous sommes rendus compte qu'il était déjà quatre heures et demie et que nous n'avions toujours pas déjeuné ! Nous nous sommes rattrapés dans un restaurant qui est juste à côté de Saint-Sauveur et qui sert de la cuisine des palais ottomans, d'après les recettes conservées dans les archives. On a tous les deux choisi un plat du XVème siècle : Hyonou a eu du poulet et moi un délicieux plat à base d'épinards.


Et ensuite, comme d'habitude, nous sommes rentrés à l'hôtel en évitant les grands axes pour explorer un peu les quartiers populaires et en cherchant un coin sympathique pour prendre le thé ! 

Une jolie maison rose

Et dire que demain sera déjà notre dernier jour à Istanbul !

lundi 30 janvier 2012

Journée tranquille

La neige, qui avait disparu hier, est à nouveau tombée en abondance aujourd'hui. On a passé une journée calme ; on avait tous les deux du travail à finir, auquel on a décidé de s'attaquer ce matin ; de plus, j'étais fatiguée par une mauvaise nuit, causée par nos bruyants voisins qui ont discuté, rigolé et écouté de la musique jusqu'à cinq heures du matin. 

Il y aura moins de photos dans ce message que d'habitude : le point fort de la journée a été la visite de la citerne-basilique, mais dans des conditions d'éclairage assez pénibles, la plupart de mes photos sont ratées et ne valent pas la peine que je passe du temps à essayer de les retoucher pour les rendre regardables. Je vous renvoie donc à ce site sur lequel vous trouverez photos et explications sur ce lieu magnifique, où une forêt de colonnes se reflète dans l'eau peuplée de grosses carpes. A la sortie, nous avons été accueillis par un bonhomme de neige que quelqu'un avait planté sur une grille.


Istanbul sous la neige est toujours aussi belle : 



Ma copine la tourterelle aussi est sous la neige : 


Il neigeait tant que nous avons décidé de visiter Istanbul d'une autre manière : en prenant le tramway jusqu'à son terminus. On a ainsi traversé des quartiers plutôt résidentiels et bien entretenus. Au terminus, de grands gaillards d'une trentaine d'année jouaient aux boules de neige comme des enfants. Sur le retour, nous sommes descendus à peu près à mi-parcours pour aller prendre quelques photos de l'ancienne muraille d'Istanbul, qui marque encore de nos jours une frontière importante : la limite du déneigement des trottoirs ! 



 Il faisait un froid polaire.


Après seulement une vingtaine de minutes passées dehors, la nécessité d'un bon thé chaud se faisait déjà cruellement sentir... Nous nous sommes réfugiés dans une pâtisserie pour nous réchauffer, puis nous sommes doucement rentrés à l'hôtel : Hyonou a encore du travail à finir, et moi, je suis fatiguée ! Espérons que nos voisins le seront eux aussi cette nuit, et auront la bonne idée de dormir...

dimanche 29 janvier 2012

Hors des sentiers battus

Aujourd'hui, c'est dimanche ! Nous avons donc passé la matinée à l'église, mais pas n'importe laquelle : à l'église Saint-Georges, qui est l'église du Patriarcat œcuménique de Constantinople, le cœur spirituel de l'orthodoxie. Pour y aller, ça n'a pas été si simple. Premier obstacle : impossible de trouver à quelle heure commence la Divine liturgie. Nous avons décidé de viser 10h, au hasard. Second obstacle : comment y aller ? Ce n'est pas tout près de l'hôtel, il n'y a ni train ni tramway qui y conduisent, et le site de la société de transports en commun d'Istanbul m'accuse de l'attaquer quand j'essaie de chercher les itinéraires des bus. Nous avons finalement décidé de prendre un taxi, mais nous avons tout de suite réalisé que le conducteur n'avait aucune idée de ce que c'était que le Patriarcat œcuménique et qu'il ne savait naturellement pas où il se situait. Après des explications confuses (en français de notre côté, en turc du sien) et après nous avoir emprunté notre carte pour aller consulter des passants, le chauffeur nous a déposé là : 


Bien essayé, mais nous nous sommes rendus compte que cet imposant bâtiment est en fait le lycée grec d'Istanbul et non le Patriarcat... Nous avons donc un peu erré dans les rues. Un balayeur nous a renseigné à grands renforts de gestes (tout droit, descendre, tourner à droite), et ses indications se sont révélées exactes.

Mais où va-t-on ?

Finalement, après avoir redescendu les rues escarpées péniblement gravies, nous sommes parvenus à destination : 

L'église Saint-Georges !

La Divine liturgie était bien évidemment commencée quand nous sommes entrés, mais nous avons quand même pu assister à deux heures d'office. J'ai eu quelques difficultés à suivre la liturgie (heureusement en grec, ce qui m'a permis de me repérer un peu), mais j'ai été agréablement surprise de constater que je comprenais la lecture de l'Evangile (en grec aussi) ! Le patriarche Bartolomée était présent, et un diacre a été ordonné à la fin.


L'iconostase et sa porte fermée après l'office

Dans les jardins du patriarcat


En sortant, nous voulions aller voir une église qui ne se trouve pas très loin, l'église de la Vierge Mouhliotissa, qui est l'unique église byzantine à ne pas avoir été transformée en mosquée lors de l'invasion ottomane et qui est toujours affectée à l'Eglise grecque orthodoxe. Après un bon bout de grimpette dans les collines, on l'a bien trouvée, mais elle était hermétiquement close...

La façade de gauche est tout ce qu'on a pu voir de l'église

Mine de rien, cette quête de la Vierge Mouhliotissa nous a amené sur les hauteurs d'Istanbul, dans un quartier qui n'est pas du tout touristique et qui semble assez conservateur, si on en juge par les tenues des habitants. On y a mangé des pide (pizzas turques) dans un petit restaurant et pris un thé et un baclava dans une petite pâtisserie, dont le patron nous a appris à compter jusqu'à cinq en turc. J'ai déjà oublié comment on dit trois et quatre. De là, on a marché un bon bout presque jusqu'à l'hôtel à travers des quartiers populaires, en regardant les vitrines des commerces et les façades des maisons ; il y a beaucoup de maisons anciennes en bois qui seraient splendides si elles n'étaient pas aussi délabrées. On a encore rencontré beaucoup de chats : par exemple, celui-ci était éperdu d'admiration devant la vitrine d'une boucherie...

Dans le parc qui entoure la mosquée Fatih, ce petit chat, lui, ne voulait pas de viande : il voulait des câlins...


... encore des câlins...


... toujours plus de câlins ! 


Et quelques mètres plus loin, c'est une chatte tricolore qui est venue s'installer sur les genoux de Hyonou qui consultait son plan. 


Cette petite minette est si mince et si frêle qu'on pourrait facilement la soulever à bout de bras d'une seule main. Ça change de Célimène. Curieusement, avec cette petite chatte sur les genoux, Hyonou est brusquement devenu une attraction pour les passants : des gens l'ont pris en photo, un monsieur a voulu faire poser son fils à côté de lui (ça n'a pas marché, le petit était trop timide), une jeune maman s'est approchée avec son petit garçon pour lui faire caresser le chat. Elle avait l'air de vouloir engager la conversation, mais malheureusement, avec la barrière de la langue, on s'est limité à quelques sourires en plus de "bonjour" et "au revoir"...

Et pour finir, voici quelques visages croisés sur le chemin du retour : un cordonnier...


un marchand ambulant de boissons chaudes...


un marchand de sucres d'orge et son petit étal...



et une touriste qui posait pour son mari devant la mosquée Bleue.