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dimanche 9 décembre 2012

Elections

Hier, nous sommes allés à Berne pour que Hyonou puisse voter à l'ambassade de Corée. L'élection présidentielle n'est que dans 10 jours en Corée, mais, au pays de la technologie et de l'Internet à haute vitesse, les Coréens qui résident à l'étranger doivent voter plus d'une semaine en avance pour que les bulletins de vote aient le temps d'arriver par la poste...

Il a beaucoup neigé des derniers jours et le paysage était féérique. Le quartier des ambassades de la capitale suisse aussi était tout blanc.

Le portail de l'ambassade de Corée

Pour voter, c'est par là !

Pendant que Hyonou allait choisir son bulletin dans l'isoloir, j'ai discuté un peu avec la bénévole chargée de l'accueil. "Allez prendre un café. Nous avons préparé beaucoup de vrai café coréen... du Maxim !" me dit-elle fièrement. Du Maxim, c'est-à-dire un mélange tout prêt de café lyophilisé, de lait en poudre et de sucre... Pas mon aspect préféré de la culture coréenne. J'ai pris du thé vert. 

Nous avons discuté quelques minutes avec des connaissances, des paroissiens de l'église coréenne de Genève qui ont aussi profité de leur samedi pour venir voter ; puis, comme il se faisait déjà tard, nous avons repris la voiture vers la vieille ville pour aller manger quelque part.

Une jolie maison sur le trajet

Après le déjeuner (un copieux rösti), il ne nous restait qu'un peu plus d'une heure pour nous promener dans la vieille ville, qui a beaucoup de charme et est très animée en cette période de l'Avent.

La tour de l'Horloge (Zytgloggenturm)

Le cadran et les célèbres automates, que nous n'avons hélas pas vus en action


Les rues de Berne sont ponctuées de fontaines colorées couronnées de statues :


Nous sommes allés vers le petit jardin de la cathédrale, qui surplombe l'Aare, pour admirer la vue sur le vieux Berne.






Devant la cathédrale :




La cathédrale Saint-Vincent possède un magnifique tympan peint du 15è siècle représentant le jugement dernier.


Deux des vierges sages à la gauche du portail, avec leur lampe à huile bien allumée

Saint Michel tient le diable par la barbichette

Ce personnage à l'air peu amène et à la barbe bien peignée a été retouché à la Réforme : on a écrit sur son rouleau de parchemin les mots "Tu n'adoreras pas les images et tu ne les serviras pas". C'est une idée bien plus intelligente que de détruire les images en question.

L'intérieur de la cathédrale est également magnifique, mais il est interdit d'y prendre des photos. Il y a en particulier un très bel orgue du 18è siècle sur lequel l'organiste était en train de répéter quelques Noëls de Daquin.

Sur le chemin du retour, j'ai pris une photo du Palais national (le parlement fédéral suisse) à travers les vitres de la voiture.


Et un petit chalet de la campagne bernoise : 


Dans le crépuscule, le paysage ressemblait à une succession de cartes de Noël, avec de petits villages enneigés aux maisons blotties autour de leur église... mais il faisait trop sombre pour prendre des photos !

lundi 17 septembre 2012

Histoires d'aubergines

De retour à Annemasse et à la vie quotidienne, j'essaie tout de même de continuer à peindre de temps en temps pour ne pas oublier les techniques apprises pendant les vacances en Corée. En ce moment, je peins des aubergines.

En cherchant pour moi des exemples d'aubergines dans la peinture coréenne, Hyonou est tombé sur cette image et s'est écrié : "Oh, Shin Saimdang !"  (à quoi j'ai répondu : "hein ?!?")


Ne voulant pas en rester là, je me suis un peu renseignée et j'ai découvert que Shin Saimdang (신사임당, prononcer "Shin Sa-Im-Dang"), l'auteur de cette peinture, est un personnage fascinant. 


Cette femme du 16ème siècle (1504-1551), surtout connue pour être la mère de Yi I (plus connu sous son nom de lettré, Yulgok) qui est l'un des plus importants penseurs confucéens de Corée, est considérée encore aujourd'hui comme l'archétype de l'épouse et de la mère idéale. Pourtant, elle a eu une vie assez éloignée des conventions sociales de la société confucéenne. A son époque (et jusqu'à une période relativement récente) les filles étaient tenues à l'écart de l'éducation, et les femmes de famille noble, comme elle, étaient confinées à l'intérieur de la maison, dont elles ne sortaient que rarement, pour s'occuper des tâches ménagères. Shin Saimdang était l'aînée de cinq sœurs et, en l'absence de fils, elle a été élevée par son grand-père comme un garçon. Elle a appris jeune les grands classiques de la philosophie confucéenne, et sa famille a rapidement remarqué qu'elle était particulièrement douée pour les disciplines qui étaient alors réservées aux hommes lettrés : la peinture, la calligraphie, le dessin à l'encre des "quatre sujets nobles" (bambou, orchidée, chrysanthème, fleur de prunier). Son père, particulièrement, l'a encouragée dans cette voie en empruntant à ses amis des peintures des grands maîtres pour les faire copier à sa fille ; pourtant, tenir un pinceau était un privilège réservé aux hommes, et les seules femmes qui peignaient étaient les gisaeng. Un pinceau dans des mains de femme était considéré comme un vil stratagème pour séduire des hommes et leur soutirer leur argent ; mais la peinture et la calligraphie de Shin Saimdang étaient d'une telle qualité que de son vivant même, elle s'est attirée la reconnaissance du petit milieu des lettrés, qui disaient d'elle que son travail était si beau qu'on ne pouvait guère lui reprocher de faire ce qu'une femme ne devrait pas faire.

La tradition dit également que Shin Saimdang était une femme au fort caractère qui avait fini par écarter entièrement son mari des prises de décision concernant la famille, et qui influençait en sous-main sa carrière politique comme officiel du gouvernement. La légende veut que dans les premières années de son mariage, elle était si frustrée par le manque de culture de son mari qu'elle l'avait mis à la porte, en lui ordonnant de ne revenir que lorsqu'il aurait appris quelque chose...

La peinture en couleur ci-dessus fait partie d'un genre initié par Shin Saimdang, la représentation de plantes et d'insectes. Apparemment, ce genre est né de sa tentative de reproduire sur papier l'effet de la broderie, autre discipline dans laquelle elle excellait. En cherchant d'autres peintures de sa main, on trouve des choses ravissantes comme cette estampe : 


J'ai donc essayé de peindre un pied d'aubergine reprenant la composition de l'estampe de Shin Saimdang.


Après avoir fini, j'ai trouvé un article défendant l'hypothèse que ces fameuses aubergines ne seraient finalement pas une peinture authentique de Shin Saimdang - et, après avoir vu d'autres œuvres de sa main, je comprends pourquoi celle-ci est louche : les aubergines sont un peu trop raides et symétriques, les papillons, surtout le blanc, ont l'air d'avoir été épinglés sur l'arrière-plan... Il manque la légèreté que l'on retrouve par exemple dans l'image des pastèques, où aucun des fruits n'est représenté parfaitement de profil et où les rameaux ont l'air de flotter au vent.

Comme quoi, on apprend des choses en s'intéressant aux aubergines...

lundi 20 février 2012

Seollal 2012

Samedi dernier, nous avons eu notre habituelle fête coréenne pour célébrer le début de l'année lunaire. Cette fois, nous n'avons pas retrouvé nos amis d'Annemasse, Denis et Minjeong, retenus par le travail de Min et le rhume de leurs filles. Mais nous avons fait connaissance de quelques membres de l'Association KimCHi, qui regroupe les coréens adoptés en Suisse, avec qui nous avons passé un très bon moment. Nous avons également revu avec plaisir le pasteur Kang, qui est responsable de l'Eglise coréenne de Genève, et sa famille. Sa femme et lui sont des gens vraiment adorables.

Le pasteur Kang

Mme Kim, la femme du pasteur

Leur petite fille, Hyesu ; elle a un grand frère, Seungsu, qui est autiste, mais j'étais mal placée pour le prendre en photo.

Il y a eu les animations habituelles : l'excellent repas, toujours (qui est également un vrai festin pour les végétariens), et aussi la danse des éventails des petites élèves de l'école coréenne...
 
 
 
La tombola...
 
 
Des remises de prix...


Le concours de karaoké, où il y a eu beaucoup plus de concurrents (en fait, d'ailleurs, surtout des concurrentes) que la fois passée : 

Des concurrentes enthousiastes

Des concurrentes réservées

Des concurrentes déchaînées

Des concurrentes perplexes

Des concurrents qui déclarent forfait

Des concurrentes qui ne captivent pas le jeune public

Et les brillants concurrents qui ont remporté le concours !

On a chanté cette chanson des années 80, et on s'est bien amusés. On a aussi profité de la journée pour faire le plein de courses à l'épicerie, et entre le premier prix du concours de chant et notre succès à la tombola, on est rentré aussi avec tout ça : 

Un sac "high-tech" pour ordinateur portable, une bonne bouteille de vin et son support (on va garder la bouteille et chercher de nouveaux propriétaires pour le support qui n'est pas vraiment à notre goût), un bon d'achat à l'épicerie-restaurant Mikado, trois cuillères à café et une très belle montre-gousset suisse.
 
On ne porte ni l'un ni l'autre de montre-gousset, mais elle va sans doute prendre le chemin de la Corée cet été : on l'a montrée à mon beau-père sur Skype et il aurait bien voulu qu'on lui envoie tout de suite !

dimanche 2 octobre 2011

Chuseok

Chuseok, la fête des moissons, a été célébrée en Corée à la pleine lune du 12 septembre dernier :

La pleine lune du 12 septembre

Aujourd'hui, c'était la fête "officielle" de l'association coréenne du Léman ! Comme d'habitude, on y a retrouvé des amis :

Minjung et la petite Hyejin

Il y a eu la tombola, à laquelle on n'a rien gagné aujourd'hui :


Des jeux d'agilité :

Oui oui, c'est Hyonou qui est en train de perdre l'équilibre...

Un des temps forts de la journée a été le spectacle des petites et grandes filles de l'école coréenne, qui ont présenté une danse des éventails très réussie qui a dû leur demander des heures de travail :

(Au milieu, c'est Hyejeong, la grande sœur de Hyejin)





Il y a eu aussi l'inévitable concours de chants, pour lequel Hyonou a réussi à me recruter cette année. Nous avons fait un numéro plutôt comique avec notre version de ce tube coréen des années 80, mais ça a apparemment marché puisqu'on a gagné de la vaisselle (les autres chanteurs ont eu des paquets de nouilles).

Les rapports de séduction commencent dès le plus jeune âge...

Ou bien non ?

Finalement, si...



On a passé une bonne après-midi, et Hyonou est déjà en train de réfléchir à cette question cruciale : qu'allons-nous chanter pour Seollal ?