Le petit-déjeuner, le samedi, est un peu plus tardif que d'habitude (horaires du week-end oblige) ; de toute façon, nous n'avons rien mangé, encore en pleine digestion de notre festin de la veille au soir. Nous avons tout de même profité d'un agréable moment de discussion avec quelques-uns des autres résidents de la maison. En entendant que nous avions prévu la visite de l'église Saint-Clément, une dame nous a dit : "Il faut voir Saint-Clément pour comprendre Rome"...
Nous avons quitté la Trinité-des-Monts en compagnie de Paul et Emmanuelle. Au programme de la matinée, notre dernière visite guidée de la semaine (à l'église Saint-Clément, donc) toujours sous la conduite d'Emmanuelle ; nous avons à nouveau retrouvé le petit groupe de missionnaires vietnamiennes auquel s'était adjoint un couple français. C'est certainement l'église que nous avons préférée de cette semaine : de splendides mosaïques dans l'abside, une balustrade en marbre du IXème siècle délimitant l'espace entre laïcs et clergé, des fresques de la Renaissance dans un joli bâtiment à taille humaine, bien plus intime que la démesure de Saint-Pierre ou la solennité de Saint-Paul-hors-les-murs. On y accède par un petit cloître paisible au milieu duquel jaillit une fontaine, et où l'herbe pousse entre les pavés.
Le cloître de Saint-Clément
Non seulement le bâtiment actuel est très beau, mais ce qu'il y a en-dessous (et que l'on peut visiter) est tout aussi intéressant. On peut accéder par quelques marches à l'ancienne basilique construite à partir du IVème siècle, dont sont conservées les colonnes de marbre et des fresques encore très belles. Encore en-dessous, on arrive dans la Rome antique : une insula (immeuble) dont quelques pièces avaient été converties en sanctuaire dédié au dieu Mithra, et la maison voisine, une grande maison appartenant à des propriétaires aisés dont on peut encore visiter le rez-de-chaussée. Selon la tradition, cette maison appartenait aux maîtres dont Clément, qui a donné son nom au sanctuaire, était esclave, et elle aurait aussi abrité un culte de maison après la conversion de la famille au christianisme.
Les mosaïques (image issue de ce site)
Emmanuelle, comme toujours, nous a proposé un parcours passionnant au terme duquel nous avions l'impression de comprendre un peu mieux, sinon Rome, du moins l'évolution du lieu depuis l'Antiquité. Après cette visite fascinante, nous avons pris congé pour de bon des missionnaires (avec qui nous avons tout de même partagé un bon nombre de visites au cours de la semaine) et nous sommes partis vers la basilique Saint-Jean-du-Latran, la cathédrale de Rome.
La façade de Saint-Jean-du-Latran
Hyonou contemple la façade
En arrivant, avant même de louer un audio-guide, nous avons pu constater qu'on préparait l'église pour une célébration : les nefs, au lieu d'être vides, étaient emplies de rangées de chaises, et toute une équipe de techniciens s'affairait à mettre en place des écrans. Au fil de notre parcours de la cathédrale et du cloître, accompagnés d'un audio-guide agaçant (riche de détails inutiles, mais avare d'informations essentielles), nous avons compris qu'il s'agissait de l'ordination d'un évêque qui allait avoir lieu un peu plus tard dans l'après-midi. Comme nous n'avions encore jamais vu d'ordination d'évêque, nous avons décidé de rester ! La cérémonie était prévue à 16h, mais dès 13 h, les gens commençaient à prendre place...
La nef
L'orgue
Le cloître
Au bout d'une heure et demie d'attente dans un froid glacial, la célébration a débuté ; c'était magnifique, mais nous avons dû sortir avant l'eucharistie pour aller nous réchauffer quelque part. J'ai découvert à cette occasion que le chocolat chaud italien se rapproche beaucoup plus d'un dessert que d'une boisson : c'est si épais qu'il faut le manger à la cuiller !







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