samedi 26 février 2011

Une journée (presque) comme en Corée

Le 3 février, c'était le début de l'année lunaire du lapin. Presque un mois plus tard, l'association des Coréens de la région du Léman a organisé aujourd'hui une fête de début d'année. Pour l'occasion, nous avons sorti nos beaux hanboks (costumes traditionnels) du placard, et nous y sommes allés avec Christine, une amie allemande. 

Nous y avons retrouvé le pasteur de l'église coréenne et sa femme, qui m'a emmenée faire des courses dans l'épicerie improvisée sur place et m'a expliqué les secrets de la gelée de gland (ce n'est pas mon plat préféré, mais Hyonou aime beaucoup ça).

Nous avons profité d'un bon repas avec l'incontournable soupe de tteok (gâteaux de riz), plat traditionnel du nouvel an parce que les morceaux de tteok rappellent la lune.


Nous avons aussi retrouvé des amis d'Annemasse que nous n'avions pas vus depuis un moment : Denis, qui a presque le même reflex numérique que moi...


Sa femme Minjung, ici à droite au tambour...


Et leurs deux filles, Hyejung qui grignote...


et sa petite sœur Hyejin qui fait sa timide.


Comme d'habitude, il y a eu des jeux d'adresse...


Les enfants ont joué de la musique...


On s'est bien amusés (ici, Hyonou et Christine)...


On a écouté le concours de chant...


Tiens ? Mais oui, c'est Hyonou qui tente sa chance en chantant ! Il n'a pas gagné de prix, mais sa participation lui a tout de même valu une bouteille de vin.


Et il y a surtout eu la tombola !


Le suspense est à son comble pendant le tirage des lots !


Cette année, pour une fois, nous ne serons pas repartis les mains vides. Christine a gagné une cravate (ça tombe bien, son père vient de fêter son anniversaire et elle n'avait pas encore de cadeau) ; quand à nous, voilà ce que nous avons rapporté à la maison : 


La bouteille de vin que Hyonou a eue pour sa participation au concours de chant, et, gagnés à la tombola, un bon d'achat dans une épicerie japonaise de Genève ainsi que, dans le paquet cadeau... un smartphone ! Oui oui, un de ces téléphones portables dernier cri avec Internet et écran tactile... bien sûr, ce n'est pas un iPhone mais un de ses concurrents offerts à l'association par une grande marque coréenne.


Après une dernière photo souvenir avec Christine, nous sommes rentrés à la maison.


Une fois rentrés, nous nous sommes demandés, un peu perplexes, ce que nous allions bien pouvoir faire de notre nouveau téléphone portable, nous qui en avons déjà un dont nous ne nous servons jamais. Finalement, ce lot inattendu ne nous sera pas si inutile que cela : nous ne sommes pas contents de notre abonnement actuel, qui ne nous permet pas d'appeler en Suisse alors que nous avions spécifié au vendeur que nous avions absolument besoin de cette fonction. Nous arrivons maintenant au moment où nous pouvons résilier ce forfait, et le smartphone, lui, fonctionne avec des cartes prépayées que nous pouvons acheter en Suisse ou en France selon nos besoins. Reste une question essentielle : allons-nous savoir nous en servir ? Il faudrait que notre neveu Jimin soit là, lui qui a pris l'habitude de manipuler ces petites bêtes presque dès le berceau !

Pour bien finir la journée, nous avons fait un peu de cuisine avec mes achats de l'épicerie : un tteokbokki (plat sauté à base de gâteaux de riz) ; normalement ça baigne dans une sauce très pimentée, mais nous avons opté pour une version aux légumes avec un peu d'eomuk (pâte de poisson). Ce n'était pas mauvais du tout !


Après cette journée bien remplie, nous n'allons pas tarder à aller nous coucher tandis que la batterie de notre nouveau joujou se recharge ! Suite du test demain...

lundi 21 février 2011

150 grammes

Aujourd'hui, pour Célimène, c'était le jour des vaccins. Le vétérinaire en a profité pour contrôler son poids, suite au régime qu'il lui avait prescrit. Le fauve a perdu 150 grammes depuis le début de son changement d'alimentation ; encore 300 grammes de moins et elle aura atteint un poids correct pour son gabarit. Les choses évoluent donc bien ! Sinon, elle est en pleine forme.

Si vous vous souvenez de la dernière visite au cabinet du vétérinaire (le lien au paragraphe précédent), vous vous souvenez aussi que j'étais sortie passablement énervée par son comportement que je trouvais aggressif. Cette fois, le vétérinaire a été tout à fait charmant, souriant et enjoué : je me demande s'il n'est pas un peu cyclothymique... Enfin, du moment qu'il fait les bons vaccins au monstre poilu, c'est l'essentiel.

Malheureusement, j'ai encore regretté mon éternel esprit d'escalier. Le vétérinaire était accompagné aujourd'hui d'une adolescente discrète et visiblement impressionnée, sans doute une collégienne effectuant son stage en entreprise. Elle m'a dit timidement qu'elle trouvait Célimène très jolie, et ce n'est qu'une fois revenue à la voiture que j'ai réalisé qu'elle avait sans doute eu envie de la caresser mais sans oser le faire : j'aurais dû lui proposer... Je m'en suis voulu de ne pas l'avoir fait !

jeudi 17 février 2011

Chat kleptomane

Heureusement, Célimène ne fait pas ça...

samedi 12 février 2011

Vues du ciel

De retour d'un bon repas et d'une après-midi très agréable chez la famille du pasteur de la communauté coréenne de Genève, je m'aperçois que je n'avais pas encore posté certaines photos, parce qu'elles ne concernaient pas directement l'Italie : ce sont quelques photos des Alpes vues du ciel, par beau temps. Elles ne sont pas d'une qualité extraordinaire, mais c'est tout de même beau...

Le Léman, le jet d'eau et le Mont-Blanc

La rive française et la chaîne du Mont-Blanc


Au-dessus du Salève

Dans la brume

Au retour, les montagnes de Corse à l'horizon

vendredi 11 février 2011

Trinité-des-Monts

J'avais oublié : si vous voulez passer quelques jours à Rome et profiter de l'hébergement à la Maison d'accueil de la Trinité-des-Monts, cliquez ici !

Je l'ai déjà dit, mais je le répète : vous y trouverez des chambres sans rien de superflu mais confortables (même si celles qui ne font pas partie du bâtiment principal sont un peu fraîches en hiver), des petits-déjeuners abondants et des dîners où l'on sert les lasagnes au kilomètre, une vue magnifique sur Rome et une situation idéale en plein centre ; et surtout, vous pourrez découvrir la ville grâce aux visites guidées de l'association et apprécier un accueil plus que chaleureux, loin de l'anonymat des hôtels. Alors, n'hésitez pas !

Pour le plaisir, une dernière fois : la vue depuis la Trinité-des-Monts...

jeudi 10 février 2011

Rome, jour 6 (Trinité-des-Monts, Ostie)

Le matin du dimanche, notre dernier jour en Italie, est bien vite arrivé. Après avoir mangé une dernière fois, au réfectoire, les pains caractéristiques du petit-déjeuner de la Trinité-des-Monts (en forme de brioche, dorés, énormes... et creux à l'intérieur), nous avons rangé notre chambre, déposé notre valise à la bagagerie et couru au monastère.

Il faut d'abord préciser que la seule chose que nous avons regretté durant notre séjour à la maison d'accueil est l'absence de la communauté des Fraternités monastiques de Jérusalem ; nous avions prévu de commencer chaque journée en assistant aux laudes dans la magnifique église de la Trinité-des-Monts, mais les moines et moniales étaient partis en retraite... en Haute-Savoie !! Ils sont rentrés le samedi soir, et la vie du monastère et de la maison d'accueil a repris son cours habituel à partir du dimanche.

Nous nous sommes donc précipités après avoir déposé nos bagages parce que chaque dimanche, à 9h15, une des sœurs fait visiter une partie du monastère. Nous n'avons pas regretté de nous être joints au petit groupe : ce monastère avait été bâti (par la France) pour une communauté de minimes, connus pour leurs travaux scientifiques. Au XVIIème siècle en particulier, sous la conduite du Père Maignan, des travaux ont été réalisés sur les murs du couvent : par exemple, cette anamorphose : 

D'ici, on voit un paysage où l'on devine, au premier plan, un lac avec un village sur la rive et un bateau coupé sur le bord de la photo ;

Mais d'ici, on voit François de Paule, le fondateur des Minimes, en prière sous un arbre.

Dans le couloir attenant, nous avons découvert un magnifique astrolabe ; nous n'avons pas de photo, mais vous en trouverez sur ce site ainsi qu'une explication très détaillée du travail fascinant du Père Maignan.

Pour finir, nous avons admiré le réfectoire entièrement peint par le Père Pozzo (un Jésuite, cette fois) représentant les noces de Cana et qui est un travail extraordinaire de trompe-l'œil pour modifier la perception des volumes de la pièce (du centre, on a l'impression de se trouver dans une salle parfaitement rectangulaire au plafond plat, alors que la forme du réfectoire est irrégulière et que le plafond est voûté...).

De la porte d'entrée, on réalise bien que le plafond n'est pas plat ! (Image tirée de ce site).

Une fois la visite achevée, nous avons rejoint l'ensemble des religieux pour la messe dominicale en français, où la découverte de la merveilleuse liturgie chantée à quatre voix nous a fait d'autant plus regretter l'absence de la communauté durant la semaine...

L'intérieur de l'église (l'image vient d'ici)

Nous avons pu partager un moment de discussion bien agréable avec l'une des sœurs lors du verre de l'amitié dans le cloître, et puis, après une dernière longue conversation avec Paul et Madeleine, il a fallu partir.

Nous avons grignoté rapidement une pizza au bas des escaliers, sur la Piazza di Spagna, et nous sommes partis à travers le dédale du métro prendre notre train pour Ostie, où nous devions passer la dernière nuit pas trop loin de l'aéroport. Je parle du "dédale du métro" parce que, bien qu'il n'y ait que deux lignes de métro à Rome (une la traverse du nord au sud, l'autre d'est en ouest), la construction d'une troisième ligne a débuté et les travaux rendent l'unique correspondance de tout le réseau infernale... un bon quart d'heure de marche dans un vrai labyrinthe !

Après une vingtaine de minutes de train, nous sommes arrivés à Ostie, et la magie des vacances romaines était déjà bel et bien finie. L'hôtel où nous avions réservé était correct mais quelconque, au beau milieu d'une zone commerciale sans âme. Nous voulions profiter de cette dernière après-midi pour visiter le site archéologique de la ville antique, mais nous avons attendu en vain le bus supposé passer toutes les vingt minutes le dimanche. Nous avons donc décider de marcher un peu aux alentours de l'hôtel, mais il n'y avait pas grand-chose à voir : une rivière sale et polluée de déchets divers, des supermarchés fermés, des pavillons de banlieue, et une armée de chats errants aux yeux verts vivant dans les poubelles.

Dans la poubelle de notre hôtel...

Heureusement, le repas du soir, tout à fait correct, a rattrapé un peu cette triste dernière demi-journée.

Pour conclure ce feuilleton romain, je ne voudrais pas oublier de dire un mot des vendeurs de rue  de Rome et de leur stupéfiante réactivité : le vent se lève ? On vous propose foulards et écharpes. Quelques gouttes commencent à tomber ? Des marchands de parapluie apparaissent comme par magie. La nuit tombe ? C'est l'heure des trépieds pour appareils photo et des projecteurs laser pour s'amuser à faire des jeux de lumière sur les monuments. Un couple se promène main dans la main ? Les vendeurs de rose sont prêts à tout pour en vendre au moins une...

En tous cas, nous retournerons à Rome, c'est certain ! Il nous y reste tant de choses à découvrir...

Et j'allais oublier : Hyonou a déjà choisi son cadeau d'anniversaire pour l'année prochaine ! Dans un an, nous irons à...


... Istanbul !

lundi 7 février 2011

Rome, jour 5 (église Saint-Clément, Saint-Jean-du-Latran)

Le petit-déjeuner, le samedi, est un peu plus tardif que d'habitude (horaires du week-end oblige) ; de toute façon, nous n'avons rien mangé, encore en pleine digestion de notre festin de la veille au soir. Nous avons tout de même profité d'un agréable moment de discussion avec quelques-uns des autres résidents de la maison. En entendant que nous avions prévu la visite de l'église Saint-Clément, une dame nous a dit : "Il faut voir Saint-Clément pour comprendre Rome"...

Nous avons quitté la Trinité-des-Monts en compagnie de Paul et Emmanuelle. Au programme de la matinée, notre dernière visite guidée de la semaine (à l'église Saint-Clément, donc) toujours sous la conduite d'Emmanuelle ; nous avons à nouveau retrouvé le petit groupe de missionnaires vietnamiennes auquel s'était adjoint un couple français. C'est certainement l'église que nous avons préférée de cette semaine : de splendides mosaïques dans l'abside, une balustrade en marbre du IXème siècle délimitant l'espace entre laïcs et clergé, des fresques de la Renaissance dans un joli bâtiment à taille humaine, bien plus intime que la démesure de Saint-Pierre ou la solennité de Saint-Paul-hors-les-murs. On y accède par un petit cloître paisible au milieu duquel jaillit une fontaine, et où l'herbe pousse entre les pavés. 

 Le cloître de Saint-Clément

Non seulement le bâtiment actuel est très beau, mais ce qu'il y a en-dessous (et que l'on peut visiter) est tout aussi intéressant. On peut accéder par quelques marches à l'ancienne basilique construite à partir du IVème siècle, dont sont conservées les colonnes de marbre et des fresques encore très belles. Encore en-dessous, on arrive dans la Rome antique : une insula (immeuble) dont quelques pièces avaient été converties en sanctuaire dédié au dieu Mithra, et la maison voisine, une grande maison appartenant à des propriétaires aisés dont on peut encore visiter le rez-de-chaussée. Selon la tradition, cette maison appartenait aux maîtres dont Clément, qui a donné son nom au sanctuaire, était esclave, et elle aurait aussi abrité un culte de maison après la conversion de la famille au christianisme.

Les mosaïques (image issue de ce site)

Emmanuelle, comme toujours, nous a proposé un parcours passionnant au terme duquel nous avions l'impression de comprendre un peu mieux, sinon Rome, du moins l'évolution du lieu depuis l'Antiquité. Après cette visite fascinante, nous avons pris congé pour de bon des missionnaires (avec qui nous avons tout de même partagé un bon nombre de visites au cours de la semaine) et nous sommes partis vers la basilique Saint-Jean-du-Latran, la cathédrale de Rome. 

 La façade de Saint-Jean-du-Latran

 Hyonou contemple la façade

En arrivant, avant même de louer un audio-guide, nous avons pu constater qu'on préparait l'église pour une célébration : les nefs, au lieu d'être vides, étaient emplies de rangées de chaises, et toute une équipe de techniciens s'affairait à mettre en place des écrans. Au fil de notre parcours de la cathédrale et du cloître, accompagnés d'un audio-guide agaçant (riche de détails inutiles, mais avare d'informations essentielles), nous avons compris qu'il s'agissait de l'ordination d'un évêque qui allait avoir lieu un peu plus tard dans l'après-midi. Comme nous n'avions encore jamais vu d'ordination d'évêque, nous avons décidé de rester ! La cérémonie était prévue à 16h, mais dès 13 h, les gens commençaient à prendre place... 

 La nef

 L'orgue

 Le cloître

Au bout d'une heure et demie d'attente dans un froid glacial, la célébration a débuté ; c'était magnifique, mais nous avons dû sortir avant l'eucharistie pour aller nous réchauffer quelque part. J'ai découvert à cette occasion que le chocolat chaud italien se rapproche beaucoup plus d'un dessert que d'une boisson : c'est si épais qu'il faut le manger à la cuiller !

vendredi 4 février 2011

Rome, jour 4 (Saint-Paul-hors-les-murs et catacombes de Saint-Sébastien)

Après avoir consacré un jour et demi à Pierre, il était temps de passer à Paul. Nous nous sommes donc rendus à Saint-Paul-hors-les-murs, basilique édifiée par l’empereur Constantin sur la tombe de l’apôtre. La basilique actuelle en conserve le plan et les quelques éléments (une porte, les mosaïques de l’abside et de l’arc du chœur) qui ont survécu à l’incendie qui a ravagé l’édifice en 1823. C’est tout de même une belle église, que nous avons visitée seuls mais accompagnés d’un audio-guide loué à l’entrée. 

Devant la basilique

 Le fronton

La nef

 Les mosaïques rescapées

La matinée aurait été parfaite si l’audio-guide, au moment d’aborder la tombe de Paul, n’avait pas inclus un commentaire pour expliquer comment obtenir une indulgence plénière grâce à la visite... J’ai vraiment du mal à comprendre comment de telles pratiques subsistent encore après les accords entre catholiques et luthériens sur la justification par la foi seule, d’autant qu’elles risquent de transformer un moment de recueillement sur la tombe d’un apôtre en un acte bien moins désintéressé.

Je trouve d’ailleurs que, bien que l’Eglise catholique les appelle tous les deux « Princes des apôtres », la différence dans le traitement accordé à Pierre et à Paul est flagrante. Sur sa tombe, Pierre a droit à une basilique monumentale, couronnée par une coupole de 140 mètres de hauteur visible de partout dans Rome et entièrement reconstruite à grands frais à partir de la Renaissance. Sur sa tombe, Paul a une basilique qui serait sans doute encore dans son état du Moyen-Age si elle n’avait pas brûlé (ce n’est pas que je n’aime pas le Moyen-Age, mais cela montre que les papes ne se sont pas beaucoup préoccupés de cette église). Sur le maître-autel de Saint-Pierre, qui lui est réservé, le pape dit régulièrement la messe ; sur le maître-autel de Saint-Paul, qui lui est aussi réservé, il ne vient que rarement. La confession de Pierre (niche creusée sous le maître-autel au niveau de la tombe, d’où celle-ci reste invisible mais où l’on peut venir se recueillir) est entourée d’une balustrade de marbre où brillent continuellement 99 lampes à huile, alimentées par de l’huile provenant de la récolte d’un champ d’oliviers consacrés depuis le IXème siècle et destinés exclusivement à cet usage. La confession de Paul, où se trouve le sarcophage de l’apôtre, est entourée d’une balustrade de marbre éclairée par 28 ampoules électriques. Et ainsi de suite... Et pourtant, sans Paul, le christianisme ne serait peut-être jamais passé du statut d’obscure secte juive à celui de religion à portée universelle, et aucun non-Juif n’aurait pu devenir « successeur de Pierre » (lequel Pierre n’aimait pas beaucoup les Gentils).

 La confession de Paul (au premier plan à droite, une des ampoules électriques)

Après avoir déjeuné rapidement d'une foccacia à Saint-Paul, nous nous sommes mis en route pour la voie Appia et les catacombes ; avant de prendre le bus, nous voulions faire un petit détour par la pyramide que s'est faite édifier le centurion Caïus Cestius en l'an 12 avant notre ère.

 Bière et foccacia


La pyramide de Caïus Cestius


Au passage, nous avons découvert le "cimetière protestant" (en réalité, le cimetière des étrangers non-catholiques) où sont enterrés, entre autres, les poètes anglais Keats et Shelley. C'est aussi le territoire des chats du refuge voisin, entre autres de cette très jolie chatte tricolore.

 La chatte tricolore sur la tombe de Keats


La visite des catacombes de Saint-Sébastien a été une relative déception. Certes, le site est très intéressant, mais la visite est expédiée au pas de course (30 minutes) par une guide froidement professionnelle. Nous y avons retrouvé par hasard nos amies les missionnaires vietnamiennes, et je me suis demandé ce qu'elles avaient compris des explications débitées à toute vitesse... Nous avons traversé des galeries labyrinthiques sans pouvoir prendre le temps de regarder tel joli sarcophage ou tel motif gravé au mur et sans bien comprendre ce que nous voyions, nous nous sommes arrêtés dans trois salles (5 minutes maximum à chaque fois, et pourtant il y avait des choses à voir : le tombeau de Sébastien, une très belle nécropole païenne aux mausolées quasi-intacts, la salle où s'était déplacé le culte à Pierre et Paul durant les persécutions où l'on peut lire de nombreux ex-voto...) avant de regagner l'église Saint-Sébastien construite juste au-dessus des catacombes. Bref, c'était frustrant !

Le lendemain, j'en ai parlé à Emmanuelle qui m'a raconté qu'aux catacombes de Sainte-Priscille, elle avait un jour exigé de refaire gratuitement la visite : en queue de groupe, elle n'avait rien pu voir ni même entendre les explications du guide, données avant qu'elle n'arrive...

En tous cas, ignorant encore que la visite express est visiblement la spécialité de la plupart des catacombes, nous voulions compenser cette petite déception en allant voir les catacombes voisines de Saint-Callixte, célèbres pour leurs fresques paléo-chrétiennes. Celles-ci se trouvent sur un terrain privé appartenant apparemment à une institution religieuse. Malgré le panneau "Chiuso" (Fermé) affiché sur le portail, Hyonou, voyant celui-ci s'ouvrir devant nous, est entré et il a bien fallu que je le suive ! Les catacombes étaient effectivement fermées ; par contre, au lieu de remonter la voie Appia au milieu de sa circulation infernale (alors que les trottoirs sont quasi-inexistants), nous avons pu la longer depuis un petit chemin au milieu des champs... jusqu'à un portail fermé à l'autre bout de la propriété. Il a fallu attendre qu'une voiture entre pour pouvoir sortir !

 Hyonou près des catacombes de Saint-Callixte

Sur le chemin, j'ai fait des essais de macro


En haut de la voie Appia, nous avons brièvement visité l'église "Domine, quo vadis" (l'endroit où le Christ serait apparu à Pierre qui fuyait les persécutions). Etrangement, cette église abrite une pierre où l'on peut voir deux empreintes de pied qui seraient celles du Christ et qui est certifiée être authentique, alors que l'église Saint-Sébastien, deux kilomètres plus bas, présente également la pierre "authentique" avec les mêmes empreintes de pieds, soi-disant prélevée sur le site... Hmmm... 

 L'objet du délit : en bas derrière les grilles, les empreintes de pied "authentiques" de Saint-Sébastien...

 Et ici, les empreintes "authentiques" de Domine Quo Vadis !


Nous sommes ensuite rentrés à la Trinité-des-Monts avant de ressortir pour dîner dans un restaurant du quartier juif conseillé par le "Lonely Planet". Nous avons eu bien du mal à trouver l'endroit, appelé "Sora Margherita", qui n'a même pas d'enseigne et dont la porte est très discrète. Nous en avons eu l'explication plus tard : il y a quelques années, le restaurant a été fermé par les services de l'hygiène qui jugeaient les locaux beaucoup trop exigus et a rouvert sous couvert d'une association !

 La porte d'entrée de Sora Margherita


Nous avons eu la chance d'être les tous derniers clients à être admis ce soir-là. Dans la petite salle effectivement très encombrée, où les serveurs ont tout juste la place de circuler, on nous a apporté deux cartes datées du jour et écrites à la main sur du papier kraft. Evidemment, le menu était entièrement en italien, la serveuse ne parlait ni français ni anglais, et nous avons commandé un peu au hasard sans bien savoir ce qu'on allait nous apporter ! Hyonou a eu un repas plutôt "classique", avec de la mozzarella, du poisson frit et des fettuccine, j'ai eu de l'artichaut frit (je n'aime pas tellement l'artichaut, je n'aurais sans doute pas commandé ce plat si j'avais su ce que c'était mais je n'ai vraiment pas regretté !), des saucisses de bœuf épicées et une tarte ricotta-chocolat. Nous avons tous les deux trouvé notre repas extraordinaire, et nous avons tellement mangé que nous avons été incapables d'avaler quoi que ce soit le lendemain matin au petit déjeuner...


Donc, si vous allez à Rome, ne manquez pas le restaurant : 

Sora Margherita
30, Piazza dei 5 Scole