dimanche 29 janvier 2012

Hors des sentiers battus

Aujourd'hui, c'est dimanche ! Nous avons donc passé la matinée à l'église, mais pas n'importe laquelle : à l'église Saint-Georges, qui est l'église du Patriarcat œcuménique de Constantinople, le cœur spirituel de l'orthodoxie. Pour y aller, ça n'a pas été si simple. Premier obstacle : impossible de trouver à quelle heure commence la Divine liturgie. Nous avons décidé de viser 10h, au hasard. Second obstacle : comment y aller ? Ce n'est pas tout près de l'hôtel, il n'y a ni train ni tramway qui y conduisent, et le site de la société de transports en commun d'Istanbul m'accuse de l'attaquer quand j'essaie de chercher les itinéraires des bus. Nous avons finalement décidé de prendre un taxi, mais nous avons tout de suite réalisé que le conducteur n'avait aucune idée de ce que c'était que le Patriarcat œcuménique et qu'il ne savait naturellement pas où il se situait. Après des explications confuses (en français de notre côté, en turc du sien) et après nous avoir emprunté notre carte pour aller consulter des passants, le chauffeur nous a déposé là : 


Bien essayé, mais nous nous sommes rendus compte que cet imposant bâtiment est en fait le lycée grec d'Istanbul et non le Patriarcat... Nous avons donc un peu erré dans les rues. Un balayeur nous a renseigné à grands renforts de gestes (tout droit, descendre, tourner à droite), et ses indications se sont révélées exactes.

Mais où va-t-on ?

Finalement, après avoir redescendu les rues escarpées péniblement gravies, nous sommes parvenus à destination : 

L'église Saint-Georges !

La Divine liturgie était bien évidemment commencée quand nous sommes entrés, mais nous avons quand même pu assister à deux heures d'office. J'ai eu quelques difficultés à suivre la liturgie (heureusement en grec, ce qui m'a permis de me repérer un peu), mais j'ai été agréablement surprise de constater que je comprenais la lecture de l'Evangile (en grec aussi) ! Le patriarche Bartolomée était présent, et un diacre a été ordonné à la fin.


L'iconostase et sa porte fermée après l'office

Dans les jardins du patriarcat


En sortant, nous voulions aller voir une église qui ne se trouve pas très loin, l'église de la Vierge Mouhliotissa, qui est l'unique église byzantine à ne pas avoir été transformée en mosquée lors de l'invasion ottomane et qui est toujours affectée à l'Eglise grecque orthodoxe. Après un bon bout de grimpette dans les collines, on l'a bien trouvée, mais elle était hermétiquement close...

La façade de gauche est tout ce qu'on a pu voir de l'église

Mine de rien, cette quête de la Vierge Mouhliotissa nous a amené sur les hauteurs d'Istanbul, dans un quartier qui n'est pas du tout touristique et qui semble assez conservateur, si on en juge par les tenues des habitants. On y a mangé des pide (pizzas turques) dans un petit restaurant et pris un thé et un baclava dans une petite pâtisserie, dont le patron nous a appris à compter jusqu'à cinq en turc. J'ai déjà oublié comment on dit trois et quatre. De là, on a marché un bon bout presque jusqu'à l'hôtel à travers des quartiers populaires, en regardant les vitrines des commerces et les façades des maisons ; il y a beaucoup de maisons anciennes en bois qui seraient splendides si elles n'étaient pas aussi délabrées. On a encore rencontré beaucoup de chats : par exemple, celui-ci était éperdu d'admiration devant la vitrine d'une boucherie...

Dans le parc qui entoure la mosquée Fatih, ce petit chat, lui, ne voulait pas de viande : il voulait des câlins...


... encore des câlins...


... toujours plus de câlins ! 


Et quelques mètres plus loin, c'est une chatte tricolore qui est venue s'installer sur les genoux de Hyonou qui consultait son plan. 


Cette petite minette est si mince et si frêle qu'on pourrait facilement la soulever à bout de bras d'une seule main. Ça change de Célimène. Curieusement, avec cette petite chatte sur les genoux, Hyonou est brusquement devenu une attraction pour les passants : des gens l'ont pris en photo, un monsieur a voulu faire poser son fils à côté de lui (ça n'a pas marché, le petit était trop timide), une jeune maman s'est approchée avec son petit garçon pour lui faire caresser le chat. Elle avait l'air de vouloir engager la conversation, mais malheureusement, avec la barrière de la langue, on s'est limité à quelques sourires en plus de "bonjour" et "au revoir"...

Et pour finir, voici quelques visages croisés sur le chemin du retour : un cordonnier...


un marchand ambulant de boissons chaudes...


un marchand de sucres d'orge et son petit étal...



et une touriste qui posait pour son mari devant la mosquée Bleue.


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