Evian (Photo piquée ici)
Nous avons eu aujourd'hui une journée intéressante.
Depuis que je travaille à Lausanne, nous pensions régulièrement à déménager à Evian ou Thonon, c'est-à-dire à une grosse demi-heure de bateau de la capitale vaudoise. La semaine dernière, nous nous sommes décidés à rechercher des appartements qui nous conviendraient : pas trop petits, pas trop grands, pas trop loin de l'embarcadère (pour aller à Lausanne) mais pas trop loin non plus de la gare (pour aller à Genève), et si possible pas trop chers. Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous en avons trouvé plusieurs.
Aujourd'hui, nous sommes donc allés visiter Thonon, que nous ne connaissions pas vraiment. Nous avons parcouru le joli centre-ville, repéré un des appartements qui nous intéressaient, pris le funiculaire qui relie le centre au lac (séparés par 40 m de dénivellé abrupt). Là, dans l'ambiance un peu nostalgique d'une station balnéaire désertée, nous avons longé le port et le village de pêcheurs jusqu'à un autre appartement situé juste au bord du lac, face à l'embarcadère, dans un vieux chalet tout près du château.
Ensuite, nous avons repris la voiture jusqu'à Evian, où nous avions rendez-vous pour une première visite. Nous avons découvert un spacieux T3 en duplex, original, chaleureux et fonctionnel, avec en prime non pas une mais deux terrasses (dont une donnant sur le lac) et idéalement situé, le tout pour un loyer moins élevé que celui que nous payons actuellement. Le locataire actuel, un charmant retraité sur le point de partir aux Etats-Unis, nous a fait faire le tour du propriétaire tout en nous racontant ses années dans la diplomatie sous François Mitterrand, dont il était proche, et sa rencontre avec Jean-Paul II. Inutile de dire que nous étions ravis... En repartant, nous commencions déjà à imaginer quelle chambre serait la nôtre, où nous mettrions nos bureaux et comment empêcher Célimène d'entrer dans la chambre du haut, dépourvue de porte.
Et puis nous sommes allés manger et, dans un des rares restaurants ouverts d'un centre-ville totalement désert aux rues silencieuses balayées par une bise glaciale, nous avons réfléchi et il a fallu nous rendre à l'évidence : nous ne sommes pas prêts à déménager.
C'est vrai, Annemasse, avec son urbanisation anarchique, ses barres d'immeubles et ses tours HLM, est une ville sans charme, un dortoir pour frontaliers travaillant à Genève qui ressemble plus à la banlieue parisienne qu'à un village de montagne. Mais pour nous, le paysage d'Annemasse est fait de visages : ceux des membres de la paroisse qui nous ont si bien accueillis à notre arrivée dans la région, ceux du groupe des couples franco-coréens, ceux des amis chanteurs de la chorale, ceux d'amis d'amis que nous aimerions mieux connaître, et bien d'autres encore, jusqu'aux caissières du Monoprix avec qui nous aimons bien discuter après les courses. Nous n'avons pas envie de quitter tout de suite ce réseau de relations tissé depuis quatre ans, surtout pour une ville au cadre idyllique mais où nous serons seuls dans notre bel appartement...
Nous avons donc pris une décision, ou plutôt deux !
- Nous n'allons pas déménager et rester dans notre appartement actuel, qui nous convient bien, le plus longtemps possible.
- Nous avons fait de savant calculs et décidé d'acheter un scooter. Celui-ci devrait permettre à Hyonou de m'amener à la gare de Genève en 30 minutes et de réduire de moitié mon temps de trajet pour Lausanne. De plus, il devrait nous permettre d'être plus libre de nos déplacements et de profiter un peu plus de Genève, pour aller au théâtre ou au concert le soir, par exemple... Et pour les autres visites d'appartement prévues, il ne reste plus qu'à les annuler !
Nous sommes rentrés chez nous le cœur léger.
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