dimanche 25 novembre 2012

Ciel

Hier, nous avons passé la journée avec Suyeon, une étudiante de théologie à Genève arrivée l'année passée de Corée, avec qui nous nous entendons bien.

En fin d'après-midi, nous sommes montés au Salève et nous avons assisté à un magnifique coucher de soleil.













Et me voilà avec Suyeon...


Et avec Hyonou !


lundi 8 octobre 2012

Sur deux roues

Le vendredi 28 septembre a marqué un tournant dans nos déplacements quotidiens. La veille, nous avions reçu un appel d'une société de livraison qui voulait prendre une rendez-vous pour nous livrer "un énoooooorme colis". C'était notre nouveau deux-roues : un tandem hollandais avec assistance électrique.

Il nous sert désormais dans la majorité de nos déplacements. Tous les jours, nous nous rendons à Genève sur notre fier destrier de métal (20 km aller-retour), et nous faisons également quelques courses avec plutôt que de prendre la voiture. En une semaine, nous avons fait un peu plus de cent kilomètres sur notre monture, que nous commençons à apprivoiser.

Hier, nous l'avons même sorti pour une petite promenade en campagne, sur une jolie route avec des montées, des descentes et des virages. Peu avant que nous fassions demi-tour, Hyonou m'annonce : "On n'a presque plus de batterie !" (Comme je l'ai dit, c'est un vélo à assistance électrique.) Peu après, nous nous arrêtons pour faire demi-tour et prendre quelques photos, puis nous repartons vers la maison, en croisant les doigts pour que la batterie tienne au moins le temps de grimper les deux bonnes côtes qu'il y a sur le chemin. Heureusement, nous les passons sans difficulté. Arrivés dans le garage, nous mettons pied à terre et Hyonou contourne le vélo pour éteindre la batterie... et s'aperçoit qu'elle était déjà éteinte. 

Nous l'avions éteinte à la pause de mi-parcours, et nous n'avions pas pensé à la rallumer. 

Et nous ne nous en sommes même pas rendu compte.

Ceci dit, l'assistance reste une aide précieuse pour arriver au bureau frais et dispos, sans avoir trop transpiré... et je ne sais pas si nous pourrions nous en passer dans les côtes vraiment raides !






dimanche 23 septembre 2012

Parc

La journée d'hier a été bien remplie. C'était la journée choisie par l'association des coréens de la région du Léman pour fêter ensemble Chuseok. Nous y sommes allés avec deux étudiants (une coréenne et un japonais d'origine coréenne), nous y avons retrouvé des amis... J'ai pris des photos, mais je ne vais pas les poster ici puisque c'est toujours un peu les mêmes.

En rentrant, Hyonou est passé par le gymnase de son club de ping-pong ; c'était une journée de compétition et il voulait s'assurer qu'on n'avait pas besoin de lui. En l'attendant, j'en ai profité pour aller visiter le parc qui se trouve juste derrière le gymnase. Il a rouvert il y a peu de temps après une longue période de travaux, et je voulais voir à qui il ressemblait. J'en ai profité pour y prendre quelques photos !








lundi 17 septembre 2012

Histoires d'aubergines

De retour à Annemasse et à la vie quotidienne, j'essaie tout de même de continuer à peindre de temps en temps pour ne pas oublier les techniques apprises pendant les vacances en Corée. En ce moment, je peins des aubergines.

En cherchant pour moi des exemples d'aubergines dans la peinture coréenne, Hyonou est tombé sur cette image et s'est écrié : "Oh, Shin Saimdang !"  (à quoi j'ai répondu : "hein ?!?")


Ne voulant pas en rester là, je me suis un peu renseignée et j'ai découvert que Shin Saimdang (신사임당, prononcer "Shin Sa-Im-Dang"), l'auteur de cette peinture, est un personnage fascinant. 


Cette femme du 16ème siècle (1504-1551), surtout connue pour être la mère de Yi I (plus connu sous son nom de lettré, Yulgok) qui est l'un des plus importants penseurs confucéens de Corée, est considérée encore aujourd'hui comme l'archétype de l'épouse et de la mère idéale. Pourtant, elle a eu une vie assez éloignée des conventions sociales de la société confucéenne. A son époque (et jusqu'à une période relativement récente) les filles étaient tenues à l'écart de l'éducation, et les femmes de famille noble, comme elle, étaient confinées à l'intérieur de la maison, dont elles ne sortaient que rarement, pour s'occuper des tâches ménagères. Shin Saimdang était l'aînée de cinq sœurs et, en l'absence de fils, elle a été élevée par son grand-père comme un garçon. Elle a appris jeune les grands classiques de la philosophie confucéenne, et sa famille a rapidement remarqué qu'elle était particulièrement douée pour les disciplines qui étaient alors réservées aux hommes lettrés : la peinture, la calligraphie, le dessin à l'encre des "quatre sujets nobles" (bambou, orchidée, chrysanthème, fleur de prunier). Son père, particulièrement, l'a encouragée dans cette voie en empruntant à ses amis des peintures des grands maîtres pour les faire copier à sa fille ; pourtant, tenir un pinceau était un privilège réservé aux hommes, et les seules femmes qui peignaient étaient les gisaeng. Un pinceau dans des mains de femme était considéré comme un vil stratagème pour séduire des hommes et leur soutirer leur argent ; mais la peinture et la calligraphie de Shin Saimdang étaient d'une telle qualité que de son vivant même, elle s'est attirée la reconnaissance du petit milieu des lettrés, qui disaient d'elle que son travail était si beau qu'on ne pouvait guère lui reprocher de faire ce qu'une femme ne devrait pas faire.

La tradition dit également que Shin Saimdang était une femme au fort caractère qui avait fini par écarter entièrement son mari des prises de décision concernant la famille, et qui influençait en sous-main sa carrière politique comme officiel du gouvernement. La légende veut que dans les premières années de son mariage, elle était si frustrée par le manque de culture de son mari qu'elle l'avait mis à la porte, en lui ordonnant de ne revenir que lorsqu'il aurait appris quelque chose...

La peinture en couleur ci-dessus fait partie d'un genre initié par Shin Saimdang, la représentation de plantes et d'insectes. Apparemment, ce genre est né de sa tentative de reproduire sur papier l'effet de la broderie, autre discipline dans laquelle elle excellait. En cherchant d'autres peintures de sa main, on trouve des choses ravissantes comme cette estampe : 


J'ai donc essayé de peindre un pied d'aubergine reprenant la composition de l'estampe de Shin Saimdang.


Après avoir fini, j'ai trouvé un article défendant l'hypothèse que ces fameuses aubergines ne seraient finalement pas une peinture authentique de Shin Saimdang - et, après avoir vu d'autres œuvres de sa main, je comprends pourquoi celle-ci est louche : les aubergines sont un peu trop raides et symétriques, les papillons, surtout le blanc, ont l'air d'avoir été épinglés sur l'arrière-plan... Il manque la légèreté que l'on retrouve par exemple dans l'image des pastèques, où aucun des fruits n'est représenté parfaitement de profil et où les rameaux ont l'air de flotter au vent.

Comme quoi, on apprend des choses en s'intéressant aux aubergines...

Dernières images

Pendant nos tous derniers jours en Corée, j'ai peint un éventail que j'ai offert à belle-maman.


On est allé déjeuner à Hanmiri, un excellent restaurant qui propose un menu végétarien qui vaut vraiment le détour.



Devant la mairie de Séoul, on a croisé d'inoffensives dames d'un certain âge qui venaient participer à une manifestation d'agricultrices :





Vous conviendrez que toutes ces dames ont l'air de véritables terroristes en puissance. Cela justifiait bien que l'on boucle entièrement le quartier avec des cars de CRS.


Un peu plus loin, à Insadong, un groupe de retraités donnait un spectacle de musique et de danse traditionnelles - mais là, au moins, pas de police en vue...





A l'été prochain, Corée !

Suwon

Quand nous nous sommes réveillés le lundi matin, assez tard, il pleuvait. Nous avons pris un petit-déjeuner rapide, tiré de nos provisions, et nous sommes sortis visiter la ville (visite qui a commencé par prendre un café, en partie parce qu'on était mal réveillés, en partie pour éviter l'averse torrentielle qui s'est abattue sur Suwon à ce moment-là). 

Suwon fait partie de la province du Gyeonggi-do, comme Hanam, la ville où habitent mes beaux-parents. Elle fait désormais pratiquement partie de la grande banlieue de Séoul, à un peu plus d'une heure du centre-ville en train. Elle est surtout célèbre pour la muraille qui délimite les contours de l'ancienne vieille ville (dont il ne reste hélas plus grand-chose), et c'est par là que nous voulions commencer notre parcours.

En chemin, nous avons emprunté un passage souterrain pour traverser une large avenue. Sur les marches qui remontaient de l'autre côté, une très vieille dame était accroupie avec quelques louches en bois qu'elle vendait. Elle m'a fait tellement peine qu'au bout de quelques pas, j'ai fait demi-tour pour aller lui acheter quelque chose. Au passage, j'ai été arrêtée par une interpellation inattendue : "Excusez-moi, vous parlez français ?" Un jeune homme était installé sous l'auvent protégeant l'entrée du passage souterrain. Venu en Corée pour rendre visite à sa petite amie coréenne, il attendait depuis un long moment des amis avec qui il devait partir en voyage et qui n'arrivaient pas... Il avait besoin d'emprunter un téléphone. Pendant que Hyonou lui prêtait le sien (ou plus exactement, celui de belle-maman), je suis allée acheter une louche à la petite grand-mère (louche aujourd'hui devenue ma "louche à yaourts"). Après nous être mutuellement souhaité un bon voyage, nous avons laissé le jeune homme sous son auvent et nous nous sommes rendus à la muraille.

L'ancienne porte principale de la ville

Il y a beaucoup de dragons : au plafond...

... sur les murs...

... sur les battants des portes.

La muraille serpente sur les collines, ponctuée de petits pavillons

Certains de ces pavillons sont fermés

D'autres sont ouverts et sont très agréables pour se reposer...

... à condition bien sûr d'enlever ses chaussures en montant !

Le chemin de ronde a été refait et aménagé

La muraille se mêle à la ville moderne

De pavillon à pavillon !

Au pied d'un des pavillons, nous avons croisé une religieuse. Comme je lui ai dit bonjour, elle a engagé la conversation : elle nous a expliqué pourquoi certains murs étaient décorés de croix. 

L'architecte de la muraille, Jeong Yakyong, a vraisemblablement fait partie des tous premiers catholiques de Corée à la fin du 18ème siècle, et il a couvert de croix les murs orientés vers l'ouest (d'où est venu le christianisme). Une large part de sa famille a aussi joué un rôle dans les débuts du catholicisme coréen ; certains de ses proches, dont son frère aîné, ont été exécutés lors de la persécution de 1801. L'un des cousins de Jeong Yakyong, du nom de Yun Jichung, a été l'un des premiers prêtres coréens ordonnés à Pékin.

Jeong Yakyong (정약용)

Il pleuvait par intermittence, et les aiguilles de pin étaient chargées de gouttes de pluie

Le tour complet de la muraille est assez long, et nous n'avons pas eu le temps d'aller jusqu'au bout...

On était loin de la maison !

Un moineau a trouvé une graine

Après la muraille, nous avons visité le "palais détaché" (Haenggung), un des palais royaux de province

A côté du palais, un temple bouddhiste a érigé un gigantesque Bouddha doré qui semble faire concurrence aux clochers de la cathédrale située juste en face

A l'étage de la porte principale du palais, un tambour aperçu entre les feuillages

Dans la première cour

L' "arbre à vœux". Planté sous le règne du roi Jeongjo (1752-1800 ; lien en anglais), un des rois les plus importants de la dynastie Joseon, qui appréciait particulièrement ce palais, il est enrubanné de guirlandes de papiers portant des prières adressées à l'esprit du roi.

Devant l'arbre à vœux, des jeux d'adresse traditionnels sont mis à disposition des visiteurs. Ici, une touriste japonaise essaie un jeu qui consiste à faire entrer une flèche dans un étroit tube vertical.

Du coup, Hyonou a essayé aussi...

...mais apparemment ce n'est pas si simple !

Au premier plan, les tubes dans lesquels il faut envoyer les flèches

Une jolie fenêtre

La salle du trône et son mobilier

Une statue représentant la reine Hyegyeonggung Hong, la mère du roi Jeongjo (à gauche en rouge). Hyegyeonggung Hong est un personnage intéressant : épouse malheureuse du prince héritier Sado, atteint de folie et exécuté sur les ordres de son père, elle a écrit des mémoires qui donnent un aperçu passionnant et terrifiant de la vie à la cour royale au 18ème siècle. (Si vous en avez l'occasion, je vous en recommande la lecture. Le lien ci-dessus mène vers la traduction française.) Hyegyeonggung Hong, à la fin de sa vie, passait la plus grande partie de son temps au palais de Suwon.

Par la fenêtre

Devant le bâtiment construit pour abriter le portrait du roi Jeongjo

Jeongjo

Le bâtiment n'est pas peint et le bois nu a de belles couleurs

Un joli papillon croisé dans une cour intérieure

Avec la visite au "vieux Jeongjo", comme dit Hyonou, s'est achevée notre promenade à Suwon. Il nous y reste encore beaucoup de choses à découvrir et il faudra y revenir ! Mais ce lundi soir, il a fallu reprendre le train et rentrer à Séoul pour notre dernière semaine en Corée.

L'ancien bâtiment de la gare de Séoul, construit sous l'occupation japonaise