On a bien marché aujourd'hui, et pas utilisé une seule fois les transports en commun. Nos pas nous ont tout d'abord conduits à la mosquée Bleue, où nous sommes entrés.
Pour Maman qui s'inquiétait des consignes vestimentaires : eh bien, tout le monde fait un peu comme il veut, du moment qu'on enlève les chaussures. Des gens à l'entrée distribuent simplement des paréos turquoise à l'entrée pour les dames jugées un peu trop court vêtues. Sinon, capuche, bonnet, foulard ou tête nue, on voit de tout...
Cet aparté vestimentaire une fois fait, voici quelques photos de l'intérieur de cette magnifique mosquée (17ème siècle).
La coupole centrale
Le mirhab et le minbar
Après avoir mitraillé les lieux, on s'est intéressé aux visiteurs :
Une touriste coréenne
En ressortant, on a fait connaissance avec le chat de la mosquée, qui est installé au bas des escaliers et mange le pain (oui, le pain) que lui jettent les visiteurs :
Je me suis accroupie à côté de lui pour lui gratter la tête et il a tout de suite sauté sur mes genoux pour voir si je ne cachais pas à manger sous mon manteau (on ne sait jamais !). Au passage, il a consciencieusement barbouillé mon pantalon de ses petites pattes boueuses.
Un peu plus loin, nous avons croisé un goéland assez hargneux qui s'en prenait à des corneilles.
Nous nous sommes ensuite dirigés vers l'embarcadère pour un tour en bateau sur le Bosphore ; en chemin, nous avons traversé le Grand Bazar et le Marché aux épices (dont j'ai des photos que je n'arrive pas à exporter, je ne sais pas pourquoi). Nous avons enfin eu notre tour en bateau (c'était aujourd'hui ou jamais, parce qu'on annonce de la neige pour tout le reste de la semaine prochaine). Pendant la croisière, nous avons discuté (en allemand) avec une charmante dame, originaire d'Istanbul mais qui vit en Allemagne, et qui nous a dit qu'elle n'avait aucun souvenir d'un hiver aussi enneigé.
Quelques bâtiments aperçus au fil de l'eau :
La foule des pêcheurs à la ligne sur le pont Galata (apparemment, ils revendent leur pêche aux restaurants de l'étage du dessous)
Nous avons ensuite flâné dans les petites ruelles commerçantes qui entourent le marché aux épices.
Nous nous y sommes arrêtés dans une excellente pâtisserie pour un thé et un succulent baclava, avant de poursuivre notre exploration jusque dans le quartier des animaleries. On y trouve de tout : des poules, des cailles, des pintades, des canards mandarins, des oies, des faisans, des paons et même des sangsues (conservées dans de gros bidons ; l'inscription en turc contenait les mots "migrene" et "romatismaya", donc j'imagine qu'on les vend pour un usage thérapeutique).
Nous avons fini par nous retrouver là :
Là, c'est derrière la Nouvelle mosquée dont les lumières s'allument à la tombée de la nuit... Plutôt pittoresque, non ? Sauf que le vrai décor, c'est ça :
Il y a un espèce de terrain vague / décharge publique juste derrière le quartier des animaleries... Pas très engageant !
Pour finir la journée, nous avons décidé d'aller voir la Petite Aya Sofya (autrefois l'église Saints-Serge-et-Bacchus, devenue mosquée à l'invasion ottomane). Nous avons bien l'intention d'aller voir la grande, mais nous sommes un peu sceptiques devant le prix exorbitant des billets d'entrée, alors que la Petite Sainte-Sophie, construite à la même époque et sur le même plan, n'est pas payante.
La nuit tombait et on s'est un peu perdus en chemin...
Voilà Hyonou dans la cour d'une mosquée qu'on a prise, à tort, pour la petite Aya Sofya. Elle n'avait d'ailleurs rien de byzantin !
La vraie petite Aya Sofya est très belle. Elle a été récemment restaurée, et on a mis en valeur les colonnes et chapiteaux byzantins, ainsi que la frise de marbre, gravée de versets du Nouveau Testament, qui court tout au long de l'édifice. Si j'ai bien compris, par contre, les fresques d'origine sont toujours recouvertes sous le badigeon appliqué à sa transformation en mosquée... Je n'ai pas beaucoup de photos de l'intérieur, parce que nous avons dû ressortir précipitamment à cause de la dernière prière de la journée.
Enfin, il n'est pas possible de conclure ce billet sans rendre hommage à la gentille dame qui nous a enseigné quelque chose d'essentiel : comment traverser une rue. Voyant qu'on était coincés sur un trottoir, paralysés par le flot incessant des voitures, elle nous a dit dans un allemand approximatif : "Hier ist Türkei ! Ich zeige ! Folgen !" ("Ici, c'est la Turquie ! Je vais vous montrer, suivez-moi !). Sur ces mots, et sous nos yeux horrifiés, elle s'est jetée, foulard au vent, sous les roues d'un taxi qui arrivait, et l'a arrêté d'un geste majestueux et autoritaire... Hum, je ne suis pas sûre d'oser refaire la même chose toute seule !


























































